Les effectifs sont amoindris par la Covid et la CAN qui débute dans le même temps, mais la Ligue des Talents a encore de nombreuses ressources. L’historique Bordeaux-Marseille a bien eu lieu malgré les contestations, il a été accompagné par le choc à Bollaert avec la réception du Stade Rennais, sans oublier la première de Philippe Clément sur le banc monégasque. Le programme est déjà chargé pourtant, sans oublier la performance niçoise dans le Finistère, ou encore l’attraction au Groupama Stadium qui accueillait les Parisiens. Seulement sept rencontres pour cette 20e journée, mais des enseignements très riches sont à tirer et notamment dans la course à l’Europe.

LE TOP : L’ENVOL DES AIGLONS

Dépourvus de rencontres depuis le 22 décembre, les Niçois se sont montrés solidaires et efficaces ce dimanche. Après une période de doute et une série de trois défaites à domicile, les Aiglons refont surface. Qualifiés sans jouer en Coupe de France, suite aux incidents entre le PFC et l’OL, Les hommes de Christophe Galtier avaient à cœur de bien entamer 2022. Mission accomplie puisqu’ils l’emportent 3 à 0 à Francis-Le-Blé. Kasper Dolberg ouvre le score en réponse à un bon travail de Justin Kluivert dans le couloir gauche. La rencontre va prendre un autre tournant lorsque Morgan Schneiderlin est expulsé à la 20e minute. Le milieu de terrain français est l’auteur d’un tacle très appuyé aux abords du rond central. À partir de cet instant, les assauts de la Team Pirate vont se multiplier. Sur coup de pied arrêté notamment, avec la présence de Christophe Hérelle et Steve Mounié. Ces tentatives seront vaines, car le portier niçois veille au grain. La première période n’était pourtant qu’un avant-goût de la prestation majeure qu’a réalisé Walter Benitez. Souverain au sein de sa surface, il est l’auteur de neuf parades décisives qui permettent aux Aiglons de conserver leur cage inviolée.
Au fil de la rencontre, la défense niçoise continue d’écœurer les Bretons. Le collectif de Galtier est toujours aussi solidaire. Particulièrement Pablo Rosario, qui multiplie les courses et les efforts en l’absence de son partenaire dans l’entre jeu. Les Niçois sont malmenés, courent après le ballon, l’égalisation bretonne semble proche. Amine Gouiri en a décidé autrement, puisque l’attaquant français sert sur un plateau Andy Delort. L’algérien, entré à l’heure de jeu, ajuste tranquillement Marco Bizot et donne de l’air au Gym (79e). Les Aiglons iront même aggraver la marque en toute fin de rencontre. Un but sublime, tant dans sa construction que dans sa finition. Neuvième réalisation de Gouiri cette saison (94e).

Pour la première fois depuis sa remontée dans l’élite, le Stade Brestois reste muet à domicile lors de deux rencontres consécutives. « Le football, ce n’est pas d’avoir le ballon. C’est de bien l’utiliser et surtout de bien défendre quand on ne l’a pas. Il n’y a pas de manque de confiance, mais il faut se remettre en question, tout le temps ». Michel der Zakarian a utilisé des mots forts et rappelle qu’une possession stérile est inutile. Après cette déconvenue, il attend une réaction de ses hommes. Une tâche qui s’annonce délicate, car les Bretons ont rendez-vous samedi au Parc des Princes, face à Kylian Mbappé et sa bande.

LE FLOP : GÉNÉSIO N’A PAS TENU LES RÊNES

Samedi soir à Lens, l’art ne fut pas si beau, en référence à Bollaert, dans une rencontre qui opposait deux équipes de haut de tableau. Ce sont également des effectifs qui proposent habituellement un jeu attrayant et riche en spectacle. Pourtant, au terme de ces 90 minutes, les amateurs du ballon rond ont eu de quoi être déçu. Les Lensois prennent les trois points grâce à la prestation de Wesley Saïd à la 89e, sur un service de Jonathan Clauss. En dehors de cet éclair, pas grand-chose à se mettre sous la dent. Il est certain que la formation rennaise a dû faire face à de nombreux départs pour la CAN, notamment derrière avec l’absence de Nayef Aguerd, Hamari Traoré ou encore du portier Alfred Gomis. Cependant, offensivement et dans l’entre-jeu, seul Kamaldeen Sulemana est parti. Il est certain que l’ailier ghanéen est important pour le groupe, mais pas indispensable. Or, l’animation rennaise a déçu et les Bretons n’ont même pas cadré une seule fois de la rencontre.
L’unique frisson pour Jean-Louis Leca est arrivé à la 59e, avec le but logiquement refusé à Gaëtan Laborde dans une position de hors-jeu. Le milieu de terrain a manqué de maîtrise et les joueurs offensifs furent très peu trouvés. Bruno Génésio a dû s’adapter au plus vite. La sortie précoce (56e) de Martin Terrier et de Lovro Majer, qui sont habituellement des hommes forts du 11 rennais, en est un signal. Les Bretons sont restés muets et incapables d’agir devant Leca et sa défense.

« C’est une prestation inacceptable qu’il faut très vite oublier, mais qui nécessitera une grosse remise en question de tout le monde », 2022 ne sourit pour le moment pas à Génésio, mais le technicien français attend autre chose de la part de ses joueurs. Éliminés en Coupe de France et dorénavant sur une série de trois défaites de rang en championnat, les Rennais sont dans une dynamique négative. Ils laissent partir l’OM et l’OGC Nice au classement et peuvent regarder derrière, car les poursuivants se font nombreux. Les Bretons vont aborder une phase du calendrier qui semble être à leur portée. Lors de la prochaine journée, ils accueilleront des Bordelais bien mal embarqués dans la lutte pour le maintien.

LE FAIT MARQUANT : 44 ANS PLUS TARD, SÉRIE STOPPÉE

Pendant longtemps, la tenue de cette rencontre fut critiquée, protestée et discutée. La LFP a finalement décidé que le match aurait bien lieu. Fortement diminué par les cas positifs de Covid, les Bordelais présents ont eu la lourde tâche de conserver l’invincibilité historique au Matmut Atlantique. Depuis le 1er octobre 1977, les Girondins n’avaient jamais perdu face à l’OM à domicile. C’est pourtant un des monuments de l’effectif qui a conduit ce très jeune groupe à la défaite. En fin de première période (37e), Benoît Costil est l’auteur d’une grossière erreur de relance et fait la passe décisive à Cenzig Ünder. L’attaquant turc slalome au travers de la défense bordelaise et vient punir le portier français d’une frappe croisée. En dehors de ce terrible dégagement, Costil reste dans son match et multiplie les parades décisives. Les Olympiens poussent, les Bordelais sont aux abois et essaient difficilement d’exister dans la rencontre.
Plus de 65 % de possession et 18 frappes pour les Marseillais, qui auront buté sur un Costil décisif (d’un côté comme de l’autre). Mattéo Guendouzi aurait même pu obtenir un pénalty en fin de rencontre suite à un beau mouvement avec Under. Même si les circonstances peuvent être atténuantes dans le camp bordelais, compte tenu des nombreux cas de Covid, le football proposé est bien trop terne pour espérer prendre des points. Intéressants, mais pas récompensés face à Lille, la pandémie semble avoir enterrée les derniers espoirs Bordelais. À l’inverse du numéro dix Olympiens, satisfait et soulagé au coup de sifflet final : « C’est historique. J’ai vécu huit ou neuf années où on ne gagnait pas. On met un terme à la plus longue série de l’histoire de la Ligue 1, on est fiers ce soir ». Dimitri Payet et ses partenaires reprennent la deuxième place du championnat. Ils enchaînent une sixième rencontre en étant invaincus, et surtout, confirme leur solidité défensive avec un nouveau clean-sheet de Pau Lopez. De quoi faire peur aux Lillois pour la prochaine journée.

LE CHIFFRE : 9

Soit le nombre de buts inscrits en 7 rencontres. Même si trois rencontres n’ont pas eu lieu, les nombreux passionnés de la Ligue des Talents s’attendaient à un plus grand nombre de buts et à davantage de spectacle. Deux tristes 0-0 à Nantes et Clermont, un seul but à Bordeaux et à Lens ou encore le choc au Groupama Stadium entre l’OL et le PSG soldé d’un triste match nul (1-1).

LA PHRASE

« L’état d’esprit était super. Les joueurs ont tout donné. (…) J’ai demandé aux joueurs dans le vestiaire : Est-ce qu’on est contents avec un point ? Oui, il faut être content avec un point. Je crois vraiment que ce sont des bonnes bases pour la suite. » – Peter Bosz s’est dit satisfait de la performance de ses hommes face au PSG. 
Le choc de la journée a vu des Lyonnais aux visages changeants. Rapidement devant grâce à Lucas Paqueta, les Gones ont joué très bas et laissé la possession aux Parisiens. Lors des 45 premières minutes, ils ont tenu le ballon et se sont repliés davantage en seconde période. En conférence de presse, le technicien néerlandais a confirmé que le repli de ses joueurs était prévu. La volonté était d’installer un bloc médian, voire bas, afin de contrer les assauts parisiens et de procéder en transitions très rapides, comme sur l’ouverture du score. Les occasions de 2-0 furent présentes, mais mal exécutées, ce qui a permis à Mauricio Pochettino de faire entrer de la vivacité. C’est finalement Thilo Kehrer qui surprend Anthony Lopes et récompense les bonnes entrées parisiennes. Malgré un « bon » résultat face au leader du championnat, les Lyonnais enchaînent un cinquième match nul de rang et s’éloignent des places européennes.

LES HOMMES DU WEEK-END

Ludovic Ajorque, le très grand buteur originaire de la Réunion, n’en finit plus de marquer. Orphelin de son partenaire habituel Habib Diallo, parti à la CAN, l’attaquant strasbourgeois a pris ses responsabilités. Un but et une passe décisive en fin de rencontre pour Jean-Eudes Aholou face aux Messins. En 18 rencontres, il a inscrit dix buts et délivré quatre passes décisives. Strasbourg se fait plaisir et partage ce bonheur avec ses supporters, les Alsaciens ne sont plus qu’à un point de l’Europe et poursuivent leur très belle saison.
Statistiques similaires pour Amine Gouiri. Il délivre son équipe en fin de rencontre en servant Andy Delort pour le but du break. À la 94e, il se transforme en buteur et crucifie le portier brestois pour porter la marque à 0-3. Dans une rencontre en infériorité numérique, il est resté concerné et a fait preuve de lucidité jusqu’au coup de sifflet final. Et que dire de sa frappe pied droit dans la lucarne opposée après une magnifique sortie de camp.
Enfin, Marquinhos, véritable référence à son poste. Le capitaine parisien permet à ses coéquipiers de rester dans la rencontre. Un placement très juste, des interventions salvatrices et un sang-froid à toutes épreuves. Le défenseur brésilien a tenu à féliciter la performance Lyonnaise après la rencontre : « C’était une équipe incroyable en face, (…) ils nous ont mis en difficulté pour avancer ». Il le sait, il faut faire plus et notamment avec l’échéance de Madrid qui se rapproche à grands pas.

Crédits photos : Top Mercato, RMC Sport, France Info, Foot 11, Be Soccer et Foot National

Augustin Anuset – 14 janvier

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