Qui a dit que les préparatifs de la saison 2022 ne porteraient que sur l’aspect réglementaire de la chose ? Comme toujours, il a fallu pour les équipes commencer à travailler sur la future monoplace, mais également préparer leur « line-up ». La calculatrice préparant les premières mesures a donc parfois laissé place au téléphone pour négocier et le crayon qui esquissait les designs de la livrée 2022 a laissé place au stylo pour conclure le contrat du pilote. Pour ce qui est présenté comme une « révolution réglementaire », jetons un œil à la grille de 2022.

APRÈS SA PIGE, GEORGE RUSSELL CHEZ MERCEDES POUR DE BON

Dans le même week-end, il avait tutoyé les étoiles avant de se faire couper les ailes. Une semaine après le terrible accident de Romain Grosjean au grand prix de Bahreïn, le même circuit du Sakhir, sur son tracé extérieur ovale cette fois, voyait un autre absent : Lewis Hamilton, touché par la Covid. Le jeune et talentueux George Russell troquait alors son volant Williams pour celui de Mercedes, écurie sous laquelle est placée son management. Lui qui s’était qualifié second aurait pu gagner son premier GP, si Mercedes n’avait pas mélangé son train de pneus à celui de Valtteri Bottas pendant le pit-stop, et si une crevaison lente ne lui avait pas condamné la victoire. Pour certains, il s’agissait de « partie remise ». Ça l’est. Depuis longtemps, la nouvelle se faisait pressentir et Russell prendra bien la place de Bottas chez Mercedes. Le week-end de pige laissera donc place en 2022 à une saison complète au volant d’une Mercedes, et ce, dès les tests post-saison qui ont eu lieu à Abu Dhabi, où Russell a directement testé la Mercedes. Pour lui qui a participé à la reconstruction de l’équipe Williams, il est même vu comme un « héritier d’Hamilton », propos avéré par le septuple champion du monde qui « veut aider Russell pour qu’il soit le prochain Britannique champion du monde » quand ce dernier prendra sa retraite. Au-delà du transfert, le futur s’annonce passionnant pour le champion du monde 2018 de Formule 2.

Concernant Valtteri Bottas, il rejoindra Alfa Romeo en 2022. Un baquet laissé par le départ en retraite de Kimi Raïkkönen, qui laisse derrière lui un titre mondial, 21 victoires, 103 podiums et 18 pôles positions, pour un total de 350 courses.

ALFA ROMEO AU CŒUR DES TRANSFERTS

Il s’agissait là de l’écurie au cœur des attentions. D’une part, du fait de l’identité de son second pilote et du nombre de pilotes potentiels toujours grandissant, mais aussi du fait de sa décision rendue tard dans la saison, des suites du week-end brésilien. Après la retraite confirmée de Raïkkönen et l’arrivée de Bottas avérée, le mystère était entier concernant le second pilote pour lequel les rumeurs s’enchaînaient.
La première d’entre elles concernait Théo Pourchaire, fraîchement débarqué de Formule 3 en Formule 2 et membre de la Sauber Academy. Il a dès le début de saison endossé le titre de possible second pilote. Malgré sa blessure à Baku, son nom faisait partie des franches possibilités pour le baquet de 2022. Plus tard, Frédéric Vasseur expliquera qu’il préférait ne pas brusquer les choses et lui laissait le temps d’apprendre une saison de plus en F2. Rendez-vous en 2023 donc ?

Antonio Giovinazzi aurait pu être reconduit. Seulement, un nom a commencé à se faire une place sérieuse dans les rumeurs : Guanyu Zhou. Le pilote chinois, premier du championnat de Formule 2 durant les premiers meetings, a très vite été vu comme étant le favori. Le fait est que, bien que l’officialisation ait pris du temps, le secret était de Polichinelle. Pour peu de temps, jusqu’à ce qu’un concessionnaire Alfa Romeo en Chine change sa devanture, quelque jours avant l’officialisation, en vendant la mèche par un panneau publicitaire à l’effigie du jeune pilote en le présentant comme « le premier pilote chinois en Formule 1 ».
Mais pourquoi l’officialisation a-t-elle pris tant de temps ? La réponse la plus évidente portait sur le contrat. Le Chinois voulait un contrat de deux ans, Vasseur n’en voulait qu’un… Les plus optimistes pointaient du doigt le fait d’offrir le baquet de Zhou dès 2023 à Pourchaire. Il serait même possible que Vasseur ait entamé des discussions avec Piastri, rival en F2 de Zhou, pour obliger ce dernier à accepter le contrat d’un an.

Malgré un dernier nom évoqué, celui de Colton Herta, pilote d’Indycar de la firme Andretti qui était à « 48 heures de racheter Alfa Romeo », Zhou sera bel et bien le coéquipier de Bottas pour ce qui sera le seul duo de pilotes totalement reconduit par une écurie en 2022, en plus d’être le seul rookie sur la grille.

ALBON DE RETOUR

Alexander Albon fera son grand retour en Formule 1 dès 2022. Arrivé dans la discipline en 2019 chez Toro Rosso, il remplaçait Pierre Gasly chez Red Bull dès le grand prix de Belgique, avant de retrouver ce baquet, à plein temps, en 2022. Après une saison en DTM, le pilote anglo-thailandais aux 2 podiums retrouvera le paddock de Formule 1 en mars prochain. Il remplace d’ailleurs son grand ami Georges Russell qui, parti chez Mercedes, libère son baquet chez Williams. Pour lui qui qualifie son retour de « soulagement », la saison 2021 n’a pas été de tout repos mentalement. « Je me réveillais en pleine nuit avec une peur constante et une boule au ventre de ne plus jamais y rouler ».
Qui aurait pu empêcher Albon de revenir en F1, et surtout dans l’écurie Williams ? Deux pilotes. Le premier, membre de l’académie Williams, en la personne de Dan Ticktum, opérait un bon début de saison en Formule 2, avant d’être limogé du programme jeune de l’écurie suite à un point de vue particulièrement tranché sur Latifi, exprimé en live sur Twitch. Le second, champion du monde en titre de Formule E, était autant annoncé du côté de Williams que d’Alfa Romeo. Nick De Vries revenait dans les articles de presse dès son titre de Formule E, appuyé par son manager Toto Wolff. Williams utilisant un moteur Mercedes et contenant un certain nombre d’accords avec eux, il n’aurait pas été surprenant que le jeune Hollandais y signe son premier contrat en F1, chose qu’il n’a pas eu l’occasion de faire après son titre de Formule 2 en 2019.

Au sortir d’une saison historique et avant une saison 2022 qui s’annonce, avant même le début, palpitante, les voitures et le nouveau règlement seront donc à suivre de près, tout comme les pilotes.

Crédits photos : Pocket Lint, Parler Sport, France Tech Tribune et Motorsport

Solal Pestana – 29 décembre

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :