De retour après la trêve, les protagonistes ont d’emblée montré qu’ils étaient gonflés à bloc avec le nul renversant de Monaco face à Lille. Malgré un final avec les nouveaux tristes événements du dimanche soir ayant indigné l’Europe que l’on omettra, de nouvelles certitudes sont entre temps apparues. En seconde partie de tableau, Brest et Saint-Étienne semblent enfin se lancer, à l’inverse de Clermont et Lorient, en grande difficulté ces dernières semaines. Devant, Rennes et Nice n’ont pas manqué de profiter de la surprenante déculottée lensoise pour lui ravir sa place sur le podium, en attendant la décision retenue pour l’Olympico.

Le top : Ce Nice de Galtier a du mental

La remontée irréelle à Lyon avait déjà montré de quoi les Azuréens étaient capables. Après un frustrant faux-pas face à Montpellier, les protégés de Christophe Galtier avaient à cœur de se racheter et de prétendre au statut de dauphin. Pour cela, Nice se rendait à Clermont, restant sur 3 défaites consécutives dont la dernière face au relégable stéphanois semblait la plus névralgique. Les Auvergnats ne laissent pourtant rien paraître et entament la rencontre tambour battant devant leur public. Florent Ogier fait plier les Aiglons après le quart d’heure de jeu, alors que Vital N’Simba, Jim Allevinah et Johan Gastien se sont déjà montrés auparavant. Clermont continue à se montrer entreprenant, mais sans réussite, à l’image de la barre trouvée par Gastien à la 41e. Le niveau niçois frise le néant, indigne pour une équipe de cette qualité et la situation perdure jusqu’à un fatidique dernier quart d’heure.
C’est le moment que choisi Amine Gouiri pour sortir de sa boîte. Sur la première passe décisive de Morgan Schneiderlin, il trompe la vigilance de l’habituel gardien remplaçant Ouparine Djoco. Ce dernier se rend coupable d’une faute de main, qui montre que ce poste semble poser problème pour Clermont, son prédécesseur Arthur Desmas étant déjà coutumier du fait. Djoco se rattrape 5 minutes plus tard avec une belle claquette devant Andy Delort, mais ne peut rien sur le corner qui suit tiré par Justin Kluivert et repris par le même Gouiri pour son 8e but. Nice n’était manifestement pas dans un grand jour. Cependant, avec ce renversement dans le dernier quart, les Aiglons ont à nouveau montré leur solidité à toute épreuve. De quoi gagner en sérénité, alors que deux déplacements périlleux à Paris puis Rennes seront au programme des 4 prochaines journées. De plus, on dit souvent que l’efficacité est la marque des grandes équipes. Avec le Nice de Galtier, elle a assurément trouvé le sparring-partner idéal.

Le flop : Le tonnerre brestois éteint la foudre lensoise

Une atmosphère spéciale règne à Francis-le-Blé, qui rend un hommage appuyé à François Yvinec, ancien président emblématique du Stade Brestois qu’il a dirigé lors d’une de ses périodes les plus fastes de 1981 à 1991 et qui est décédé à l’âge de 89 ans en début de mois. Sur le terrain, les joueurs semblent vouloir en faire de même, et malgré la réception d’un adversaire de qualité qu’est Lens, Brest est transcendé. Après seulement 33 minutes de jeu, les locaux infligent ainsi un 3-0 au second du championnat, excusez du peu ! Et pour un club encore à la recherche de son premier succès deux journées plus tôt, la situation est à la limite de l’irréel. De là-haut, Monsieur Yvinec doit se régaler en trouvant du Drago Vabec chez Steve Mounié, premier buteur, et du David Ginola chez le troisième buteur, Romain Faivre. Entre-temps, un défenseur, Brendan Chardonnet, pour son retour de blessure, s’est également immiscé à la fête. Lens n’est pourtant pas totalement éteint, mais la réussite semble les fuir à l’image du poteau d’Ignatius Ganago après le but de Faivre. Dès le retour des vestiaires, Seko Fofana trouve à son tour le poteau, ce qui montre que le sort s’est définitivement acharné sur les siens. Jérémy Le Douaron achève le festival local, avant que Lens ne termine à 10 avec l’expulsion d’Arnaud Kalimuendo. Brest enchaîne un troisième succès de rang qui lui fait un bien fou au classement (13e), alors que Lens rate le coche et se retrouve par la même occasion exclu du podium avec les victoires respectives de Rennes et de Nice.

Le fait marquant : Lille peut avoir des regrets

Avec l’Olympico qui n’a pu aller à son terme, ou plutôt jamais vraiment commencé au vu de son arrêt précoce, c’était bien l’autre choc de cette journée malgré les tristes classements actuels du champion en titre lillois et du troisième monégasque de la saison écoulée. D’ailleurs, les diffuseurs ne se sont pas trompés puisque ces deux rencontres étaient l’ouverture et clôture de la journée. À Louis-II, on a pourtant longtemps cru que ce premier choc n’a pas eu lieu. Les Dogues sont en effet mordants d’entrée et Jonathan David s’offre un doublé en dix minutes, dont le premier sur penalty, qui lui permet de prendre seul la tête du classement des buteurs (10 contre 8 pour ses dauphins Gaëtan Laborde et Amine Gouiri). Sa vitesse est un véritable supplice pour la défense monégasque, comme l’atteste le deuxième but où Axel Disasi et Ruben Aguilar se font littéralement croquer. Les visiteurs, souhaitant mettre fin à 4 matchs sans victoires en Ligue 1 (2 nuls, 2 défaites), ne comptent pas s’arrêter, et Alexander Nübel doit intervenir à maintes reprises face à un David déchaîné. Pourtant, Krépin Diatta remet contre le cours du jeu les siens dans le bon sens de la marche avant la pause.
Ce but est sans doute le tournant du match, car les rôles sont littéralement inversés au retour des vestiaires. Lille croit malgré tout tenir son affaire grâce à un Tiago Djalo de gala. De plus, à la 78e, la défense joue à nouveau des coups à Monaco puisque le roc (1,94 m) mais naïf (20 ans) serbe Strahinja Pavlovic, est exclu pour un deuxième jaune. Cependant, comme le disait Lamartine, « Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé ». Pour Monaco vendredi soir, il se nomme Wissam Ben Yedder. En perdition depuis plusieurs journées et d’ailleurs remplaçant au coup d’envoi, sa rentrée va tout changer (72e). Servi par son compère Kevin Volland à la 83e, son tir du gauche trompe Ivo Grbic, surpris au premier poteau. L’ancien jour de futsal a ainsi marqué son 8e but après être entré en jeu en 2021, soit au moins trois de plus que tout autre joueur du Top 5 européen sur l’année civile. Ce but à 10 contre 11 a de quoi frustrer Lille, qui a perdu 8 points dans les 15 dernières minutes cette saison en Ligue 1, pire totale du championnat. Le club rate l’occasion de passer devant son adversaire du jour, mais ce match nul n’arrange personne pour deux équipes calées en plein ventre mou du championnat, à distance du quatuor de tête. Ces formations sont pourtant bien placées en Coupe d’Europe et ont toutes les chances de se qualifier.

Le chiffre : 11

Comme la série d’invincibilité en cours toutes compétitions confondues du Stade Rennais (pour 9 victoires). Opposés à Montpellier, les Bretons ont une nouvelle fois brillé, avec Martin Terrier et Lovro Majer en buteurs avant la demi-heure de jeu. Cette réussite a écœuré leurs adversaires avec l’expulsion du capitaine héraultais Téji Savanier (41e). Gaëtan Laborde s’est alors montré à de nombreuses reprises en seconde période face à ses anciens coéquipiers, sans parvenir à trouver la faille. Mis-à-part pour le classement des buteurs, il n’y a vraiment pas de quoi s’affoler pour le natif de Mont-de-Marsan, car le succès des siens permet à Rennes de monter sur le podium.

La phrase

« Je suis heureux de marquer ce premier but, au Parc des Princes, devant le public. Même si j’avais déjà marqué en Ligue des Champions, j’attendais de marquer en championnat. » – Lionel Messi
Déjà auteur de 3 buts en trois matchs de Ligue des Champions, le génie argentin avait cependant encore son compte vierge en Ligue 1 malgré 5 matchs. Face à Nantes, La Pulga a enfin débloqué compteur. Longtemps pourtant, Messi, certes entreprenant, a buté sur la vigilance implacable d’un Alban Lafont des grands soirs. À la 87e, cette ténacité a fini par payer avec une superbe frappe du gauche trouvant le petit filet, qui a clos la victoire parisienne (3-1) et permis de fêter dignement les 30 ans du virage Auteuil, célébré par la même occasion avec un splendide tifo et d’innombrables fumigènes.

Les hommes du week-end

Outre Amine Gouiri qui a sorti les siens d’un mauvais pas, d’autres joueurs sont à distinguer. Si Martin Terrier et Lovro Majer sont les buteurs rennais, la copie du latéral et capitaine Hamari Traoré est également à souligner avec une passe décisive sur le premier but, en plus de sa sérénité dégagée en défense.
Rémi Oudin a livré une superbe copie pour Bordeaux, marquée par deux buts et une passe décisive, mais cela n’aura pas suffi pour prendre l’avantage sur Metz (3-3) au terme d’un match à rebondissements.
Un mot enfin pour Saint-Étienne et sa doublette Ryad Boudebouz- Miguel Trauco, cruciale dans la courte victoire à Troyes (0-1). Le premier a été aligné plus reculé qu’à son habitude en raison de nombreuses absences, mais s’est avéré brillant dans ce rôle. Il se retrouve ainsi passeur décisif pour le second qui a distillé un véritable boulet de canon pour le seul et unique but de la rencontre.

Crédits photos : Foot National, Eurosport, Onze Mondial, Ouest France, Le Parisien et But ! Football Club

Mathias de Vernejoul – 25 novembre

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