Huit jours après la victoire face aux Pumas Argentins, les Bleus avaient pris rendez-vous avec la Géorgie. Dans un Matmut Atlantique en fusion, les hommes de Fabien Galthié avaient pour mission de repartir avec la victoire, mais aussi avec un capital confiance au maximum. Les Lelos (surnom donné aux Géorgiens par rapport au nom du sport ancestral, le « Lelo », très proche du rugby) ne leur ont pas rendu la tâche facile. Auteurs d’une belle et valeureuse performance en terre Girondine, ils ont relancé une question qui fait débat dans le monde du rugby. La Géorgie a-t-elle sa place dans le tournoi des VI nations ?

Le condensé du match

Deux minutes de jeu auront suffi aux Tricolores pour faire parcourir le premier frisson au peuple Français présent à Bordeaux. Un mouvement se met en place chez les trois-quarts et parvient jusqu’à l’aile de Damian Penaud. Le clermontois tape à suivre, mais est devancé in extremis par l’arrière Géorgien avant d’aplatir dans l’en but. Melvin Jaminet vient ensuite sanctionner un pack géorgien trop souvent mis à la faute. Il ouvre le score après un échec sur une tentative lointaine. À la fin du premier quart d’heure, un carton jaune est distribué à l’ouvreur Tedo Abzandadze suite à un plaquage jugé illicite sur Romain Ntamack. Cependant, il en faudra davantage pour décourager la vaillante équipe géorgienne. Ils enchaînent les temps de jeu et mettent à la faute des Bleus, trop attentistes. Score nul de 3-3 à la 21e, le XV tricolore réagira rapidement. Touche trouvée à cinq mètres, organisation d’un ballon porté et écroulement de celui-ci par le pack géorgien. L’arbitre australien n’hésite pas et accorde un essai de pénalité, accompagné d’un nouveau carton jaune, cette fois ci dirigé vers le troisième ligne lelos, Beka Saghinadze. Nouvel essai tricolore (32e) et premier en international pour Matthieu Jalibert. Il fait à suite à un contre en touche et une réorganisation efficace chez les trois quarts. 36e minute, Penaud inscrit cinq points de plus en aplatissant dans l’en-but, il est à la conclusion d’une belle combinaison suite à une mêlée française dans les cinq mètres géorgiens (24-3).
En seconde période, les Lelos sont toujours aussi entreprenant. Le demi de mêlée briviste, Vasil Lobzhanidze, inscrit un essai (48e) que son ouvreur lui aussi, évoluant en Corrèze, transforme (24-10). La rencontre n’a pas encore livré toutes ses surprises. Trois minutes plus tard, et, après avoir remplacé Julien Marchand (touché aux côtes), Peato Mauvaka inscrit un nouvel essai que Jaminet transforme (31-10). Nouveau temps fort géorgien ensuite, jusqu’à la 64e, où ils inscrivent cinq points supplémentaires en prenant le dessus sur la ligne défensive française (31-15). Néanmoins, les 10 dernières minutes furent bleues, avec un doublé inscrit par Penaud et Mauvaka, qui vient sceller l’issue de la rencontre. Victoire 41 à 15.

Le tournant

Bien qu’il y eut de très nombreux renversements dans la rencontre, une période fit d’importants dégâts en termes de score : l’accumulation des deux cartons jaunes à la 15e et 24e. Les Géorgiens n’ont pourtant jamais lâché, mais les surnombres français étaient très difficiles à contrôler. Les deux cartons résultent d’une défense trop souvent pénalisée (11 fautes en 30 minutes). Très loin des standards du haut niveau, les Lelos ont payé cher leur indiscipline. Puisque c’est tout d’abord un essai de pénalité qui est accordé aux Bleus, puis un second à Matthieu Jalibert, qui franchit l’en but en exploitant un surnombre créé par ses partenaires.

Qui sont les protagonistes ?

Damian Penaud, désigné homme de cette rencontre. L’ailier Auvergnat a parfaitement rempli sa fonction de finisseur. Offensivement, il est l’auteur d’une belle course dès l’entame de match qui surprend l’arrière garde géorgienne, mais ne parvient pas à aplatir dans l’en-but. Ce n’était qu’un avant-goût de la performance qu’il allait réaliser. 36e, il combine avec Gaël Fickou et inscrit son premier essai. En fin de rencontre, il récidive et aplatit une nouvelle fois. Son second doublé en Bleus après celui en Écosse en août 2019. La violente percussion de Fickou sur l’ouvreur géorgien n’a échappé à personne. Mais, en dehors de ce choc spectaculaire, le centre francilien a parfaitement organisé la ligne défensive française durant toute la rencontre. Volontaire et efficace en attaque, il est l’auteur d’une très belle prestation, facilitée par le duo Ntamack / Jalibert qui progresse et trouve des automatismes qui pourraient bien mettre à mal la défense néo-zélandaise.
Pour la seconde fois, certains « finisseurs » se sont encore faits remarquer. Demba Bamba et Peato Mauvaka, entré en jeu très tôt dans la rencontre, ont fait parler leur détermination et leur puissance. Charge offensive, mêlée solide, et des plaquages décisifs : ils n’ont pas eu besoin de quelques minutes d’adaptation et se sont directement mis au diapason pour servir le collectif. Mauvaka, comme la semaine passée, inscrit rapidement un essai suite à un ballon porté puis, un second dans les ultimes secondes. Le possible forfait de Julien Marchand pour ce samedi provoquera probablement sa titularisation.
Enfin, en réussissant à inscrire deux essais, les Lelos ont prouvé qu’ils n’étaient pas seulement « une somme d’avants véloce et puissants. » À l’image du numéro neuf briviste Vasil Lobzhanidze. Il a fait parler ses qualités dans l’animation offensive et la sortie de balle rapide, et n’a pas hésité lorsqu’il a vu l’ouverture en seconde période pour aller inscrire son essai. Les Géorgiens laissent une très bonne impression avec cette rencontre très animée. Une interrogation prend de plus en plus d’ampleur, quand organisera-t-on le fameux Italie-Géorgie ?

Après le coup de sifflet final, le capitaine et demi de mêlée français se disent satisfaits par la performance. « Le résultat est plus que satisfaisant, on gagne de plus de quarante points. La copie n’est pas parfaite, mais c’est un match sérieux. » Les Bleus ont une quelques jours pour tirer le plus d’enseignements possibles de ces deux rencontres et se préparer pour le troisième et ultime challenge. L’épilogue de ces tests aura lieu samedi, avec un défi tout autre, à Paris. Le XV de France fera-t-il tomber l’ogre néo-zélandais pour la première fois depuis 2000 à domicile ?

Crédits photos : RMC Sport, Le XV Mondial, TV5 Monde et Actu.fr

Augustin Anuset – 17 novembre

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