L’année 2022 arrive à grands pas et sa révolution technique avec. Si les espérances des fans sont immenses et légitimes, celles des écuries le sont tout autant ! Une nouvelle réglementation est toujours synonyme de rabattage des cartes. Bien sûr, Mercedes marche sur la concurrence depuis la révolution hybride en 2014, mais l’écurie dirigée par Toto Wolff n’est pas la seule à avoir profité d’un nouveau règlement pour soudainement être propulsée sur le devant de la scène. En 2009, l’ancêtre de Mercedes en F1, à savoir Brawn GP, pourtant formée comme une équipe de transition, s’est révélée comme l’écurie dominant largement le plateau de l’époque.

2009 : Brawn GP, équipe de secours, mais grâce au double diffuseur, championne tout court

Honda quitte la F1 à la fin de cette année, mais le constructeur nippon a déjà vécu une telle situation. En effet, en 2008, après seulement 3 années d’existence, l’écurie Honda Racing F1Team ferme ses portes en raison de la crise économique mondiale des subprimes. Dès lors, l’écurie est rachetée par des dirigeants de l’équipe et notamment le célèbre Ross Brawn. Après des tractations pendant l’intersaison, la nouvelle entité ne sera pas motorisée par Honda, mais bel et bien par Mercedes, ce qui l’encouragera à revenir en F1 l’année suivante comme écurie, malgré quelques tensions à ce sujet en interne. Brawn est donc une étape, une phase de transition entre Honda et Mercedes. Le but est simple : sauver l’écurie en attendant un repreneur de plus grande envergure. D’ailleurs, Jenson Button et Rubens Barrichello rouleront dans une voiture très sommairement décorée, simplement blanche et jaune fluo, en raison du manque de préparation de l’écurie. En effet, elle est introduite officiellement sur le plateau le 6 mars 2009, alors que le premier grand prix de la saison se déroule le 29 du même mois en Australie ! En clair, le contexte n’est pas idéal pour assurer à l’écurie des performances solides.
Malgré ces conditions défavorables, Brawn a une chance : la réglementation aérodynamique évolue cette année pour faire baisser les coûts et introduire un peu d’écologie dans les différentes monoplaces. Cela implique forcément la création d’un nouveau règlement et donc de nouvelles zones d’ombres. Et pour ce qui est d’exploiter à 100 % un règlement, on peut faire confiance à Ross Brawn les yeux fermés. L’ingénieur et aérodynamicien devenu directeur technique a fait le bonheur de Williams, FORCE, Arrows, Jaguar (dans une autre catégorie), Benetton, Ferrari et Honda, avant de racheter cette dernière pour fonder Brawn GP. Au total, il cumule 10 titres de champion du monde constructeur en F1. Pour revenir à 2009, l’écurie se dote alors d’une nouvelle technologie qui va complètement chambouler l’ordre établi : le double-diffuseur. Si ce nom semble obscur et technique, il ne l’est finalement pas tant que ça. Chaque monoplace dispose d’un diffuseur, une pièce située à l’arrière de la voiture qui vient récupérer l’air passé sous le châssis pour le redistribuer sur le dessus, et ainsi plaquer la voiture au sol et donc améliorer son aérodynamisme. Brawn GP rajoute un diffuseur en plus de celui existant, ce qui permet aux monoplaces blanches de gagner beaucoup en performance, on parlait à l’époque d’un gain de 9 % par rapport à un diffuseur classique. Il faut savoir que Toyota et Williams se sont aussi doté de cette technologie, mais pour des résultats bien moindres.

Dès les essais hivernaux de Barcelone, la petite nouvelle surprend tout le monde. Quatrième temps le premier jour, Jenson Button sera 1er le troisième jour et remportera toutes les séances d’essais avant Melbourne. Coup de tonnerre, personne n’y croit, même pas Ross Brawn : « Quand nous avons vu les temps de nos concurrents, nous avons été surpris qu’ils n’aillent pas plus vite. » En clair, Brawn GP paraît louche auprès des autres écuries. En 2009, elle remporte les deux titres mondiaux au cours d’une saison qui se sera disputée dans les sept premiers grands prix : Jenson Button monte 7 fois sur le podium et en remporte six. Si la fin de saison est moins brillante malgré les deux succès de Rubens Barrichello, le travail est fait : Jenson Button est champion du monde devant Sebastian Vettel et son coéquipier Rubens Barrichello. Malgré tout, cette saison de rêve a posé des débats. Des écuries concurrentes ont porté réclamation contre les équipes détenant un double diffuseur, et ce, dès le premier GP de la saison. Ce fut le cas de BMW, Ferrari, Red Bull et Renault.
Finalement, après examen du règlement, rien n’interdisait à Ross Brawn d’installer ce système sur ses voitures. Dans les faits, son équipe s’est engouffrée dans une « zone grise » du règlement technique, ce qui lui a permis de développer une telle technologie en toute légalité. Une technologie qui sera rendue interdite dès la saison 2011.
Après avoir vu comment une équipe partie de rien ou presque a réussi à se hisser sur le toit du monde, il semble intéressant de faire un parallèle avec 2022 et la nouvelle réglementation en approche.

2022 : Hiérarchie classique ou surprise totale ?

On a reproché à la Formule 1 que ses grands prix sont ennuyeux, que ce sont toujours les mêmes qui gagnent, que les voitures sont bien trop grosses, etc. La F1 a réagi et nous a vendu une saison 2022 qui pourrait être exceptionnelle grâce à une nouvelle réglementation ! Cette dernière est annoncée comme la « nouvelle ère » de la discipline. Tout a été pensé pour que les voitures soient proches les unes des autres, pour favoriser les dépassements en course et pour montrer aux fans, toujours plus nombreux, des batailles en piste. Le but est clair : il faut qu’il y ait du spectacle. Quitte à perdre en performance, ces voitures doivent participer aux plus belles courses possibles. Et bien sûr, la F1, pour atteindre ce but, a travaillé sur un règlement technique. Un constat s’impose, les voitures se ressembleront beaucoup et c’est complètement assumé. Malgré cela, il y aura évidemment des différences. Il n’existe pas de châssis unique en F1 comme c’est le cas dans d’autres disciplines de sport auto. La question est donc de se demander si une équipe, par une innovation de début de réglementation, pourrait refaire le coup ?
Récemment, en 2020, Mercedes est arrivé en début de saison avec le système DAS qui lui a permis d’encore plus mettre à mal la concurrence. Là-encore ce système n’a pas passé l’année et fut interdit dès la saison 2021 que nous vivons. Donc si un tel phénomène se reproduit, il se pourrait que ce ne soit qu’un « one shot » pour l’écurie concernée. On connaît les ingénieurs, tant de leurs journées se résument à fouiller le règlement à la recherche de la moindre petite ambiguïté pour instaurer une technologie à la frontière entre le légal et l’interdit. On se doute bien que 2022 va rebattre les cartes, car les voitures seront nouvelles et que les budgets seront plafonnés donc il ne semble pas irréaliste de dire que le classement du championnat du monde va changer. Là où le pari semble plus osé, ce serait d’imaginer une situation où une et une seule équipe parviendrait à dominer complètement le plateau, à l’image de Brawn GP. Et cela pour une raison simple : le règlement 2022 a aussi pour objectif d’éviter le maximum de zones grises. Pour cela, la F1 a fait appel à son directeur technique qui a analysé chaque recoin du règlement pour combler les trous, et surtout qui se nomme Ross Brawn !

Crédits photos : Planet F1, Caradisiac et Pocket Lint

Loris Chair – 8 novembre

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