Ce week-end en Ligue 1, il était question de suprématie. Régionale d’abord, car pas moins de quatre derbies étaient programmés. Purement sportive ensuite, car quelques-unes des affiches les plus importantes de l’histoire plus ou moins récente du championnat ont ponctué cette 6e journée. Le tout sans négliger bien sûr l’aspect comptable, car tandis que plusieurs équipes étaient toujours à la recherche d’une bonne prestation pour enfin lancer leur saison, d’autres avaient déjà des rendez-vous cruciaux en vue de leurs objectifs finaux. Que faut-il en retenir ?

Le top : Marseille continue sa course

Le temps est au beau fixe à Marseille. Après s’être tranquillement défaits de Monaco la semaine passée, les Olympiens ont récidivé face à Rennes et ont offert un superbe hommage à René Malleville, fidèle supporter disparu samedi après avoir combattu le cancer. En jouant sur le déséquilibre tactique qui rencontre un franc succès depuis le début de saison, Jorge Sampaoli avait organisé ses hommes avec un atypique 3-4-3 dans lequel les Marseillais ont brillé. Largement dominateurs en début de rencontre, les locaux ont eu de très nettes occasions sans parvenir à les concrétiser. Si Rennes a cru en fin de première période pouvoir rééquilibrer la partie, l’OM a ouvert le score peu de temps après le retour des vestiaires. Sur un bon centre de Pol Lirola, c’est Demba Dieng, placé en embuscade dans la surface, qui a surgi dans un intervalle laissé vacant par l’arrière garde bretonne, pour inscrire son troisième but en deux matchs.
À une vingtaine de minutes du terme, Amine Harit a permis aux siens de réaliser un break définitif. Idéalement servi par Luan Peres, à nouveau impérial, il a profité d’un très bon espace pour s’engouffrer dans la profondeur avant d’ajuster le portier adverse. Très séduisants offensivement, les Marseillais ont rendu une copie pleine de justesse et d’efficacité tactique. L’entrejeu formé par Mattéo Guendouzi et Pape Gueye n’a pas déçu et s’est montré d’une importance cruciale dans les phases de transition. Les Phocéens, deuxièmes de Ligue 1, réalisent un départ très intéressant.

Le flop : Metz à la traîne

Le premier derby de cette sixième journée se tenait vendredi soir au Stade de la Meinau. Alors que Strasbourg a signé une très bonne performance en s’imposant largement (3-0), le FC Metz a de nouveau déçu et n’a toujours pas lancé sa saison. Vingtièmes avec trois petits points arrachés grâce à des matchs nuls à Reims, Clermont et Lille, les Lorrains ont subi l’efficacité de leur voisin strasbourgeois. Maître du ballon la plupart du temps (55 % de possession) et devant au nombre de tirs tentés (15), Metz a cruellement manqué de réalisme et de justesse. Bien en peine pour créer des espaces à exploiter dans la surface adverse, les hommes de Frédéric Antonetti ont majoritairement tenté de trouver la faille depuis l’extérieur de la surface, sans succès puisque Mats Sels, solide, s’est interposé sur les quelques tirs cadrés des visiteurs.
Défensivement, même constat : subissant un penalty d’entrée puis passive et brouillonne pendant toute la durée de la première période, l’arrière garde messine n’a pu empêcher le duo Ajorque-Diallo de porter le score à trois buts à zéro avant même le retour aux vestiaires. Annihilé par un pressing efficace, Metz ne s’est pas plus distingué dans le second acte malgré quelques occasions plus nettes en fin de match. Au classement, les Messins sont lanterne rouge. Ils devront faire preuve de plus de réalisme et se montrer plus habiles avec le ballon pour renverser la tendance en vue de leurs prochains matchs. Ce ne sera pas chose aisée…

Le fait marquant : Joute animée entre Paris et Lyon

C’était sans aucun doute la grande affiche de cette sixième journée de Ligue 1. Dans son antre du Parc des Princes, le PSG accueillait un Olympique Lyonnais sur la pente ascendante en championnat. Tenus en échec à Bruges en milieu de semaine en Ligue des Champions, les Parisiens avaient pour ambition de poursuivre leur impressionnante série de victoires en Ligue 1. L’OL de son côté, sortait tout juste d’une victoire obtenue avec brio sur les terres des Glasgow Rangers. Fort logiquement, supporters comme observateurs attendaient beaucoup des hommes d’un Peter Bosz dont les séduisantes idées de jeu se lisent de plus en plus nettement depuis quelques semaines. Et malgré un résultat, il faut le dire, sévère pour les Rhodaniens, ils n’auront pas été déçus. Solides et appliqués durant une première période plutôt équilibrée, les Lyonnais ne se sont toutefois pas montrés dangereux d’emblée. Pour Paris, les bonnes opportunités qu’aurait pu notamment concrétiser Leo Messi n’auront pas suffi pour rentrer au vestiaire avec une avance au tableau d’affichage. À l’heure de jeu, c’est Lucas Paqueta qui a ouvert le score pour l’Olympique Lyonnais. Buteur pour la troisième fois cette saison, le milieu offensif brésilien a encore livré un match de très haute volée et a été l’un des joueurs les plus influents. Une dizaine de minutes plus tard, Paris a obtenu un penalty discutable – et discuté – que Neymar a transformé sans hésitation. Alors que les deux équipes semblaient se diriger vers un résultat nul plutôt cohérent, le PSG a forcé la décision et Mauro Icardi a offert la victoire aux siens en reprenant de la tête un très bon service de Kylian Mbappé.
Malgré la défaite, les Lyonnais pourront tirer des conclusions assez satisfaisantes de ce match. Outre de très bonnes prestations individuelles, l’équipe a montré un visage séduisant notamment dans les phases de relance, en organisant la possession grâce à la qualité de sa charnière centrale et à l’habileté de Paqueta, Guimaraes, et même Slimani, dont le rôle de pivot aura été essentiel. Efficace au cœur du jeu, l’OL l’aura moins été dans la surface adverse et pourra néanmoins regretter un certain manque de justesse. Paris, en revanche, signe là une très bonne opération après avoir de nouveau brillé grâce aux éclairs individuels à l’origine notamment du but de la victoire. Au classement, Lyon reste 9e et Paris, avec 18 points pris en 6 matchs, est déjà bien établi à la toute première place.

Le chiffre : 119

Un grand classique du championnat de France. Saint-Étienne et Bordeaux se rencontraient ce samedi pour la 119e fois de leur histoire en Ligue 1. L’affiche est, à ce jour, la plus disputée du championnat, mais c’est la première fois qu’elle se jouait entre deux formations qui occupaient au coup d’envoi les deux dernières places du classement. Sous une pluie battante et malgré un but de Wahbi Khazri, Hwang Ui Jo a signé un doublé victorieux pour les Girondins.

La phrase

« On est fiers. L’année dernière, on avait été pris par l’émotion. On a plus d’expérience désormais. Cette année, ça s’est joué avec la tête. » – Seko Fofana après Lens-Lille (1-0)
Fiers et heureux. Malgré une fête gâchée par les débordements survenus en tribune à la mi-temps, les Lensois ont remporté leur premier derby du Nord depuis 2006. Seko Fofana, auteur d’un très bon match et précieux dans l’animation collective du onze de Franck Haise, n’a pas caché sa joie au moment de revenir face à la presse sur cette victoire historique.

Les hommes du week-end

Plusieurs attaquants ont marqué de leur empreinte les nombreux derbies qui se disputaient ce week-end. Du côté d’Angers, où s’est largement imposé le FC Nantes, Randal Kolo Muani a fait parler de lui. Très en vue tout au long du match, il s’est offert un but de grande classe en se jouant de deux défenseurs. Il s’est montré très efficace à la finition et a également délivré une passe décisive à l’intention de Ludovic Blas, auteur quant à lui d’un doublé. Dans le derby de la côte d’Azur qui opposait Nice à Monaco, c’est Andy Delort qui s’est distingué. Pour sa deuxième apparition sous ses nouvelles couleurs, l’Algérien a inscrit son premier but. Pas suffisant pour offrir la victoire aux Niçois qui ont concédé le partage des points, mais plein de promesses pour la suite de la saison. Enfin, Gerzinho Nyamsi a sûrement été le défenseur le plus en vue ce week-end. Il a été un grand artisan de la victoire des Strasbourgeois contre Metz et est notamment à l’origine du but d’Habib Diallo.

Crédits photos : Coeur Marseillais, La Provence, BFM TV, But ! Football Club, Lensois.com et France Info

Mathis Beautrais – 23 septembre

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