L’Europe, mais aussi l’Amérique, l’Asie, l’Océanie ainsi que l’Afrique, les cinq continents étaient représentés sur le Tour de la Mirabelle. Au total, 22 nationalités différentes se sont expliquées entre Tomblaine et Damelevières, pour le plus grand bonheur de Laurent Goglione, le directeur de l’épreuve. Le cyclisme s’internationalise. En World Tour bien-sûr, mais également à l’échelle continentale. Focus sur cette autre forme de mondialisation.

Trois-quarts d’Européens avec une majorité de Français

En 18 éditions, le Tour de la Mirabelle a toujours sacré un coureur européen. Des noms importants du cyclisme international se sont imposés en Lorraine. C’est le cas de Dimitri Claeys (Team Qhubeka-Assos) en 2013, d’Aimé De Gendt (Intermarché-Wanty Gobert) en 2015, sous l’appellation Tour du Piémont Vosgien, sans oublier le baroudeur suisse Simon Pellaud (Androni Giocattoli-Sidermec) en 2019. Cette année encore, un coureur du vieux continent a eu le dernier mot. Le viking Idar Andersen a fait main basse sur l’épreuve avec sa surpuissante équipe Uno-X Pro Cycling Team. Il a porté le maillot jaune de bout en bout, après avoir remporté le prologue initial de Tomblaine. Le classement général, ainsi que les quatre étapes, sont revenus à des Européens. Rory Townsend (Canyon Dhb-SunGod) s’est imposé à Lesménils, le néerlandais Sjoerd Bax (Metec – Solarwatt p/b Mantel), second du général, à Saint-Amarin et Erlend Blikra (Uno-X Pro Cycling Team), coéquipier d’Andersen, à Damelevières.
Les Français, pourtant surreprésentés avec 37 coureurs, n’ont pas été en réussite. Certaines des meilleurs DN1 françaises étaient présentes comme le CC Etupes, le SCO Dijon, l’AVC Aix-en-Provence et Bourg-en-Bresse Ain cyclisme. Etupes, véritable pépinière du cyclisme français (Thibaut Pinot, Warren Bargui et Guillaume Martin y ont été formés), a malgré tout pesé sur la course. Le champion de France Espoirs qu’est Axel Zingle a brillé de mille-feux en Lorraine. Le futur coureur de Delko Provence a terminé dans le top 5 de trois étapes. Il a frôlé la victoire lors du prologue en terminant dans la même seconde qu’Andersen. Le Cross Team Legendre, spécialisé dans le cyclo-cross, était présent en préparation. Les rouges et noirs ont néanmoins bien figuré puisque Steve Chainel, le fondateur de l’équipe, a pris la 5e place du dernier sprint. À 37 ans, l’heure de la retraite n’a pas encore sonné pour le consultant d’Eurosport. Toujours dans cette formation, Ugo Ananie était le benjamin de l’épreuve, à seulement 18 ans.

James Fouché ramène les mirabelles en Nouvelle-Zélande

Le néo-zélandais James Fouché (Black Spoke Pro Cycling Academy) s’est découvert une spécialité avec les maillots de meilleur grimpeur. Il l’a confirmé en remportant le maillot blanc à mirabelles de meilleur grimpeur en Lorraine. Pour deux petits points, Fouché a chipé la tunique à Roland Thalmann (Team Voralberg), à l’occasion de la dernière étape. Survolté lorsque les pancartes GPM étaient en vus, le coureur de Black Spoke a réalisé un festival dans les côtes lorraines. Côte de Gripport, Colline de Sion, Côte de Bayon ou encore Côte de Vigneulles, rien ne lui a résisté. Il n’a été repris qu’à quelques kilomètres de l’arrivée par le peloton, alors qu’il avait trouvé un renfort de choix, en la personne du rouleur Justin Wolf (Bike Aid).
Toujours en Océanie, Laurence Pithie, compatriote de James Fouché, a délivré une grande prestation. Dans l’ombre de Joseph Pidcock et de Paul Penhoet au sein de la Continentale Groupama FDJ, l’autre natif de Christchurch a pris la 7e place du classement général. Il a également terminé deuxième d’une étape et a porté durant une journée le maillot bleu de meilleur jeune.

Trinity, c’est l’Amérique et l’Asie

Trinity Racing est l’équipe multidisciplinaire par excellence. Cyclocross, VTT et cyclisme sur route, rien n’est laissé au hasard. L’équipe a perdu Tom Pidcock à l’intersaison, le prodige britannique ayant renforcé les rangs d’INEOS Grenadiers. Néanmoins, Ian Stannard a, lui, fait le chemin inverse. L’ancien vainqueur du Circuit Het Nieuwsblad a pris sa retraite afin de devenir directeur sportif chez Trinity Racing. Au sein de sa nouvelle structure, le jeune directeur sportif dispose d’une équipe internationalisée. Le vététiste brésilien Alex Malacarne, 19 ans, disputait sa première course par étapes sur route. S’il était d’abord là pour « apprendre et améliorer sa condition physique » en vue de ses échéances en VTT et qu’il annonçait juste « vouloir survivre dans le peloton », il s’est surpris lui-même en terminant douzième du prologue et deuxième meilleur élément de son équipe. Malacarne souhaite « suivre les pas d’Enrique Avancini », son illustre compatriote en VTT. Il vise « un ticket pour les JO de Paris en 2024 et une place parmi les dix meilleurs vététistes U23 mondiaux ». En attendant, il ne regrette pas d’avoir quitté le Brésil. Le Tour de la Mirabelle était le premier épisode de son rêve européen.
Tosh Teare, dossard 201, était le leader de l’équipe Trinity Racing en Lorraine. L’ancien de l’équipe Lotto Soudal U23 court depuis cette saison avec une licence japonaise.

Bike Aid, l’autre projet africain

Le Team Qhubeka Assos a perdu son identité, les coureurs africains n’y sont plus légions, et MTN-Qhubeka semble aujourd’hui un lointain souvenir. Quant à elle, l’équipe allemande Bike Aid reste sur sa voie. La phrase Ride For Help est mise en valeur sur le maillot. Surtout, l’équipe continentale conserve ses partenariats avec les différentes fédérations africaines. Avant le Tour de la Mirabelle, la structure de Matthias Schnapka sillonnait les routes du Tour du Rwanda. En Lorraine, elle s’est présentée avec deux coureurs africains : le kenyan Salim Kipkemboi et l’ougandais Charles Kagimu.
Les deux coureurs de 22 ans réalisaient leur grand retour en Europe après de nombreux mois en Afrique, mais aussi en Thaïlande. Ils ont respectivement terminé 36e et 40e du classement général. Kagimu apprécie particulièrement la France « pour sa météo et sa topographie ». À 22 ans, il a déjà couru dans une quinzaine de pays différents, de la Chine à la Norvège, en passant par l’Iran. C’est un globe-trotter à l’image de sa formation. Le temps de quatre jours, la Lorraine a été le croisement des cinq continents.

Crédits photos : Aymeric Peze

Aymeric Peze – 15 juin

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