Le grand public a certainement connu l’époque de la Team Yavbou, cette équipe de France emmenée par le sélectionneur Laurent Thilie et Earvin Ngapeth en joueur avait affolé le monde du volley-ball, pour le plus grand régal des suiveurs. Mais comment ne pas parler également des femmes, et qui réussissent entre autres à l’étranger parmi les meilleures écuries au monde ? Lucille Gicquel en est un parfait exemple.

Lucille Gicquel est une joueuse de volley-ball. La Bretonne de 23 ans s’est mise au volley à 12 ans, du côté de Rennes. Fille de Jean-Charles Gicquel, longtemps fleuron français du saut en hauteur, Lucille comprend que le volley va devenir vraiment sérieux pour elle lors de ses derniers mois à l’Institut Fédéral du Volley-Ball de Toulouse. Elle est alors séduite par Cannes et va y passer trois saisons, avant de rallier Nantes pour disputer la Ligue des Champions. La saison passée, après une première année en Loire-Atlantique, elle affronte Conegliano lors de la plus belle des compétitions de club. C’est à ce moment-là que le monument du volley italien tombe sous le charme de Lucille. L’été dernier, elle s’envole donc pour l’Italie afin d’intégrer, de l’avis de tous, le meilleur club au monde. Cette saison est donc sa première avec les Jaune et Bleu de Conegliano. Le 1er mai, elle disputera la finale de Ligue des Champions face aux Turques de Vakifbank. Lucille se confie à nous sur son départ en Italie, l’équipe de France de volley ou encore son poste.

Un mot pour te décrire ?

Lucille Gicquel : Simple. Pas de prise de tête, tranquille.

Vous l’avez emporté nettement en demi-finale de Ligue des Champions face à une autre équipe italienne, Novara. Maintenant, l’objectif est-il d’aller au bout ?

L.G : Oui, c’est évident que depuis le départ, l’objectif du club est de remporter la Ligue des Champions. Atteindre la finale n’est pas suffisant. Le contexte était différent, on sait qu’un adversaire est toujours plus difficile à battre en Ligue des Champions qu’en championnat.

Si l’on revient sur ton parcours, comment as-tu découvert le volley ?

L.G : À Rennes, c’est là où j’ai commencé le volley, c’était mon premier club. C’est ma maman qui m’a proposé d’aller essayer, je cherchais un sport à faire et j’y suis allée. Ensuite, j’ai débuté les essais et c’est parti.

À quel moment as-tu compris que le volley allait vraiment devenir sérieux pour toi ?

L.G : Ça a pris beaucoup de temps. Même quand j’étais encore au Pôle France, dans ma tête, je ne pensais pas être professionnelle, pas du tout. C’est lors de ma dernière année au Pôle où des clubs me contactaient et m’offraient des opportunités. Là, je me suis dit que ça devenait vraiment sérieux et que je pouvais faire quelque chose.

Tu es seulement la 5e française à évoluer en Série A italienne. Est-ce vraiment le graal pour toute joueuse de volley ?

L.G : Ah oui clairement. C’est le meilleur championnat au monde, c’est certain. Bien sûr, il y a d’autres championnats qui sont bons : Turquie, Pologne ou encore Brésil. Mais c’est vrai que l’Italie, c’est l’objectif de toute joueuse de volley-ball.

Qu’est-ce qui fait que ce championnat est si réputé ?

L.G : Je pense que c’est vraiment un mélange en termes de professionnalisme. Malgré que ce soit considéré comme un sport amateur ici (NDLR : non professionnelles comme en France), dans chaque club ou du moins une bonne partie, il y a une vraie structure, avec un vrai staff pour se former. Il y a aussi un vrai engouement autour du volley en Italie. C’est un mélange de tout ça qui fait que le championnat a un très bon niveau.

« C’est l’objectif de toute joueuse de volley-ball »

Ta progression pourrait passer également par l’équipe de France. Les Bleues ne sont pas qualifiées pour les JO cet été et la meilleure performance reste une 4e place en 2009 lors de la Ligue Européenne. Que manque-t-il selon toi à la sélection pour passer un cap et obtenir des résultats ?

L.G : Pour moi, ça part déjà de la formation. Je pense que quand on a des jeunes joueuses talentueuses ou physiquement capables d’arriver au haut niveau, nous ne sommes pas encore aptes de former assez bien ces joueuses-là. Si je parle actuellement, notre équipe de France a besoin de travailler encore beaucoup plus. On a besoin de se comparer à des équipes très fortes pour voir ce qu’est le très haut niveau et voir ce qu’on peut rencontrer aux Jeux Olympiques. Ça, ça passe par la qualification pour les Europes, commencer à y performer, etc. Au fur et à mesure, on a de plus en plus de joueuses qui partent à l’étranger et qui essaient de se confronter à un niveau plus élevé, et cela va beaucoup nous aider.

Tu évolues au poste de pointue. Quelles en sont les caractéristiques et les qualités requises ?

L.G : Concrètement, c’est la joueuse qui est censée mettre les points quand on en a besoin, par exemple en fin de set. On lui donne beaucoup de ballons, c’est censé être la grosse attaquante de l’équipe. Au niveau des qualités, on est en général des joueuses assez grandes, physiques et qui sautent beaucoup. Il faut avoir la bonne mentalité dans les moments important pour se dire « là, c’est à moi de mettre les points. »

Forcément, tu as dû te mettre à l’italien…

L.G : J’ai essayé…. (rires). Au début de l’année, je me suis motivée un peu, mais c’est vrai que je n’ai pas été très assidue et je ne parle pas italien. Je comprends la plupart des termes, mais pour parler, c’est compliqué. Il faudrait que je m’y penche plus pour progresser.

Outre la langue, l’arrivée en Italie a été un changement de cadre, de culture. Comment as-tu vécu ça ?

L.G : Je m’attendais à ce que ce soit peut-être plus compliqué que ça. Forcément, il y a des petits coups de mou de temps en temps, la famille et les amis manquent. Après, j’ai été super bien accueillie en arrivant, les filles ont été super sympas, très avenantes. Elles sont venues vraiment vers moi pour que je ne sois pas seule. Ça a beaucoup aidé parce que sinon je suis la seule française dans le championnat. Il y en a en Espagne ou encore en Pologne, mais je suis la seule en Italie.

Que penses-tu de la mise en valeur du volley en France ? Malgré les récentes belles performances de l’équipe de France masculine, on a l’impression qu’il a du mal à se populariser…

L.G : C’est vraiment dommage. Je pense que la Fédération a vraiment un problème pour mettre en avant le volley, même si c’est sûr que ce n’est pas un sport national. Il faut essayer de pousser plus, trouver des alternatives, pour que nos matchs soient mieux diffusés à la télévision. Je pense qu’il y a beaucoup de boulot à faire là-dessus. Déjà, l’équipe de France masculine qui gagne, mais qui n’arrive pas à se faire médiatiser c’est fou ! Alors l’équipe de France féminine, on en parle même pas ! En Italie, on a toujours un match par journée qui est diffusé à la télé et sur une chaîne gratuite : la Rai Sports. Et les finales passent toujours sur la Rai 1 ou 2 (NDLR : l’équivalent italien de TF1 ou France 2). Néanmoins en Italie, c’est un des sports nationaux, donc c’est différent.

Que peut-on te souhaiter pour la suite ?

L.G : Déjà, un doublé Ligue des Champions & championnat. Et puis dans quelques mois, il y a les qualifications pour l’Euro avec l’équipe de France. Ça, c’est bien sûr la priorité : se qualifier. Individuellement, c’est de progresser et avoir plus de temps de jeu.

Crédits photos : Block Out, L’Equipe, Ville de La Roche sur Yon et Simone Melloni

Thomas Palmier – 29 avril

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