Placée entre deux soirées européennes, cette 12e journée était l’occasion de connaître un petit peu plus les réelles intentions en tête du championnat. Le moins que l’on puisse dire, c’est que ces enchaînements incessants commencent à peser sur les organismes. Ironie du sort, c’est Marseille, détenteur du triste record que l’on connaît, qui a sauvé l’honneur des clubs européens français en étant le seul à prendre les trois points. Derrière également, la lutte fait rage. Dijon remporte sa première victoire et se rapproche de ses concurrents, qui pour beaucoup ont raté le coche. Ce week-end a aussi apporté de splendides réalisations, surtout côté angevin. Bref, si on ne peut que se lamenter des résultats européens, la « Farmer League » a encore de beaux jours devant elle.

Des premiers à la peine…

Ce n’était décidément pas la journée du Nord. Alors que le Paris-Saint Germain, mal en point en Ligue des Champions, se préparait à un rendez-vous crucial à Old Trafford en recevant Bordeaux, Lille avait rendez-vous à Geoffroy-Guichard pour défier des Verts en pleine méforme. Malgré une nouvelle réalisation de l’étonnant Kean, le PSG a dû se contenter d’un match nul au Parc des Princes (2-2), son premier de la saison. Si le championnat n’est pas vraiment la priorité du moment, gare à ne pas laisser trop de points en route, après une surprenante défaite à Monaco la semaine passée (3-2 après avoir mené 2-0).
Pour autant, le dauphin lillois n’en a pas profité. Encore séduisants face au Milan AC sans parvenir à l’emporter, les Dogues avaient une belle carte à jouer. Pourtant, Saint-Étienne se montre dominateur en première mi-temps. Les Stéphanois vont finalement ouvrir le score à la 32e sur un penalty généreusement accordé par l’arbitre pour une obstruction de Bradaric sur Khazri. En deuxième période, la physionomie est totalement inverse. Lille pousse et se voit récompensé par un but d’Ikoné à la 65e après une barre d’André 5 minutes plus tôt. Émoussé, Saint-Étienne s’accroche tant bien que mal pour briser sa série négative. Malgré une grosse occasion de Yilmaz, Le LOSC reste à 2 points de Paris qu’il avait l’occasion de rejoindre, et voit ses poursuivants revenir dangereusement. De son côté, l’ASSE stoppe sa spirale infernale de 7 défaites consécutives. Pour autant, les Verts ont comme souvent peiné dans la dernière demi-heure de jeu après une prestation jusque-là aboutie. Un sérieux problème à résoudre pour Claude Puel dont les protégés restent englués en bas de tableau à la 15e place.

Les poursuivants en profitent

Le duo de tête n’ayant pas fait les meilleures opérations comptables du week-end, les concurrents sont en embuscade. À commencer par Marseille, pourtant en pleine déroute européenne mais très bien en Ligue 1 avec un 4e succès de rang face à Nantes. Le club des Bouches-du-Rhône occupe désormais la 6e place, avec deux matchs de retard. Si ces rencontres avaient été jouées et remportées, il aurait même pris seul la tête du championnat. Florian Thauvin lance idéalement la rencontre en inscrivant le but le plus rapide de la saison (après une minute et 38 secondes). Alors que Lafont fait des miracles, il ne peut rien devant Payet à 10 minutes de la pause. À 30 minutes du terme, Benedetto s’offre sa première réalisation en Ligue 1 depuis 9 mois, sur penalty. De quoi redonner de la confiance au groupe olympien, alors que l’Europa League est encore jouable. Mis à part un réveil tardif et inutile avec une réduction du score de Blas, jamais Nantes n’a semblé en mesure de contrer les plans marseillais. Le niveau de jeu affiché est inquiétant et il faudra vite réagir au risque de flirter dangereusement avec la zone rouge.
L’Olympique, Lyonnais a lui aussi déroulé face à Reims, réduit à 10 dès la demi-heure de jeu avec un brillant Karl Toko Ekambi (1 but et 2 offrandes pour Guimaraes et Dembélé) sur le score de 3 à 0. Être privé de Coupe d’Europe donne sûrement à Lyon un supplément de fraîcheur puisque les Gones ont pris 16 points sur 18 lors des six dernières journées et occupent dorénavant la troisième place du championnat à égalité avec Lille (23 points). À l’inverse, Rennes, après un début de saison canon, n’a pu faire mieux qu’un match nul sur la pelouse de Strasbourg et pointe désormais à la 7e place. Les Bretons semblent accuser le coup physiquement, après une première campagne en Ligue des Champions courageuse mais non récompensée à sa juste valeur.

Le fait marquant : Le SCO régale

La rencontre entre Angers et Lens ne s’apparentait à première vue pas à l’affiche la plus séduisante de week-end. C’est pourtant celle qui a offert le plus de spectacle. Friables défensivement (22 buts encaissés en 12 journées), les Angevins sont aussi capables de splendides actions collectives. Le premier but du SCO pourrait potentiellement postuler au but de l’année en Ligue 1 : une demi-volée de Pereira Lage à 30 mètres qui trouve la lucarne de Leca. Ce n’est pas tous les jours que l’on voit ça. Dans un autre registre, le second but angevin a lui aussi son mot à dire. Corner de Fulgini, une talonnade astucieuse de Bahoken au premier poteau. Du grand art. Auparavant, les Artésiens étaient revenus à la marque grâce à Kalimuendo sur une magnifique inspiration de Kakuta. Dans le temps additionnel, Capelle parachève cette belle victoire (1-3). Sur le plan comptable, Angers engrange une 3e victoire d’affilée à l’extérieur et dépasse son adversaire du jour en lui infligeant sa première défaite à domicile (avec une rencontre à jouer pour les Nordistes face à l’Olympique de Marseille) pour prendre la 8e place avec 19 points.

Le chiffre : 50

Si la prestation du Paris Saint-Germain ne fut pas étincelante, on notera la 50e réalisation de Neymar en Ligue 1 grâce à ce penalty transformé. En 58 rencontres, le ratio reste impressionnant, à l’image du talent du brésilien. Le problème ne se situe pas là mais plutôt sur le nombre de rencontres jouées, lui qui entame déjà sa 4e saison avec le club de la Capitale. Sur un nombre décroissant de rencontres jouées en Ligue 1 chaque saison (20 la première saison, son plus haut total, 17 la seconde et seulement 15 la troisième), l’Auriverde se doit de réaliser une saison complète. Un élément indispensable pour que les Parisiens puissent avoir la chance de remporter un jour la coupe aux grandes oreilles…

La phrase

«C’est pas le coach qui joue ! On est les responsables ». Voilà ce qu’a lancé Alexis Claude-Maurice à la mi-temps de Nice-Dijon, où les Aiglons étant déjà menés 2 à 0. Alors que le recrutement était une des curiosités du début de saison, Nice est pourtant en pleine crise. Humilié à domicile par le Slavia Prague jeudi et quasiment éliminé d’une poule d’Europa League où la deuxième place semblait à première vue jouable, cette rencontre face à la lanterne rouge dijonnaise était l’occasion de relancer une certaine dynamique. Il n’en a rien été. Le premier but « cadeau » offert aux dijonnais (passe en retrait trop courte de Barbosa reprise par Baldé) est bien le symbole d’une période compliquée.
Laminé 3 à 0, Nice a réduit anecdotiquement la marque à 10 minutes de la fin du match. Certains choix tactiques du coach Patrick Vieira interrogent. Après plus de deux ans de présence, l’ancien international n’a pas vraiment convaincu et malgré de belles promesses sur le papier, Nice n’a jamais semblé en mesure de réellement passer un cap. Alors, a-t-il encore le temps de prouver ses qualités avant que le président Rivière, au soutien jusque-là inconditionnel, ne perde patience ?

Les hommes du week-end

Le grand gagnant du week-end se nomme sans aucun doute Petar Skuletic. Malgré une attaque de feu, les Montpelliérains ne parviennent pas à trouver la faille sur la pelouse lorientaise. En difficulté, ils auraient même pu craquer sans le talent du portier Omlin. La rentrée du Serbe a tout changé. Sur son premier ballon, le jeune trentenaire libère les siens et peut exulter. Il attendait cela depuis décembre 2018, de quoi en faire une alternative crédible au trio Delort-Laborde-Mavididi ? En tout cas, l’ancien goleador du Partizan Belgrade a marqué les esprits en offrant trois précieux points à son équipe, désormais sur 4 victoires consécutives en Ligue 1.
Une autre équipe sur la même série, l’AS Monaco, a aussi pu compter sur un attaquant de gala, en la personne de Kevin Volland, Cinq buts sur les quatre derniers matchs pour terrasser Nîmes 3 à 0. Attention au club de la Principauté. Après un début difficile, les Monégasques semblent dorénavant être sur un nuage à la suite d’un beau succès face au Paris Saint-Germain la semaine dernière. De leur côté, Irvin Cardona et Mama Baldé ont contribué aux belles victoires de leur équipe, sur les pelouses de Metz pour Brest (3e victoire d’affilée pour les Bretons et fin de série pour Metz après 8 matchs sans défaite) et Nice pour Dijon, grâce à deux doublés respectifs.
Mention honorable également à Bordeaux qui a accroché le PSG, bien aidé par un bon Costil (10 arrêts), qui prouve que son retour en Equipe de France n’est pas anodin. Néanmoins, cette éclaircie bordelaise est aussi l’œuvre d’un homme, Hatem Ben Arfa, qui avait déjà joué un mauvais tour à l’une de ses anciennes équipes la semaine dernière. Malgré une perte de balle qui amène un penalty converti par Neymar, le joueur de 33 ans a tiré le corner qui permet aux siens d’ouvrir le score sur un but contre son camp de Pembele. De plus, son offrande en retrait pour Yacine Adli sur le second but (autre ex-parisien) permet à Bordeaux de repartir avec le point du nul. L’ex-grand espoir du football français a toujours de beaux restes.

Crédits photos : LOSC, Onze Mondial, Foot Mercato, So Foot et France Bleu

Mathias de Vernejoul – 2 décembre

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