« Hahaha. Thank you so much guys. That’s for all the kids out there who dream the impossible. You can do it too man. » Voilà les mots remplis d’émotion du champion du monde de la saison 2020 de Formule 1. Comme un message lancé au petit Lewis Hamilton qui embrassait le porte-bonheur avant chaque course de kart que lui avait offert sa maman. Le grand Lewis, le très grand Lewis, réalise alors qu’il a conquis son septième titre mondial, ce week-end, sous une piste turque pluvieuse. Il égale Michael Schumacher en nombre de titres mondiaux, après avoir repoussé tous ses records dans la saison. Retour sur un week-end historique et bien surprenant.

Le film de la course

Dès la première séance d’essais libres, les pilotes sont en difficulté. Valtteri Bottas, qui est sorti en pneus hard, n’arrive pas à amadouer le tracé si prestigieux pour son quadruple gauche. Première surprise du week-end : aucune Mercedes dans le top 8. S’ensuit le samedi des qualifications sous une pluie abondante. L’eau coule à flot, la visibilité est bien plus que réduite, un premier drapeau rouge est déployé et, à la reprise, un second « red flag » fait son entrée. Finalement, ce n’est ni Hamilton, ni Bottas qui prennent la pôle position mais bien Lance Stroll. Le pilote Racing Point a fait preuve d’un très grand talent après de nombreuses courses sans point, pour décrocher la première pôle position de sa carrière, avec toutes les difficultés que l’on connaît aux qualifications sous la pluie. Verstappen manque une occasion et ne se classe que second, quand Sergio Perez est troisième, suivi d’Albon, Ricciardo et Hamilton. Esteban Ocon débutera septième, Romain Grosjean 17e et Pierre Gasly 19e.
Pour dimanche, la pluie est de retour. À la sortie des stands pour le tour de mise en grille, Giovinazzi et Russell perdent le contrôle de leur monoplace et tamponnent le rail de sortie, sans incidence sur leur capacité à prendre le départ.

Les lumières éteintes, Verstappen fait du sur place tandis que les deux Racing Point prennent un excellent départ et pointent en tête au premier virage, et ce pour un bon bout de temps. Les Ferrari et Sebastian Vettel remontent aussi aux avant-postes, tandis qu’Ocon et Bottas partent en tête-à-queue sur le dégagement à droite du premier virage. Une légère erreur d’Hamilton laisse aisément passer Vettel et les deux Red Bull, avant un duel entre champions du monde. Verstappen, frustré, attaque trop fort Perez, second au 18e tour, et perd le contrôle de sa monoplace.
Après un dépassement bien musclé de Norris sur Russell aux alentours du vingtième tour, le mic-mac des arrêts aux stands opère dix tours plus tard. Au même moment, le DRS est autorisé et Hamilton prend aisément la tête du grand prix à Perez. C’est plus difficile pour son compagnon d’écurie derrière qui a du mal à conserver ses positions, ce qui fait les affaires de Ferrari. Le drapeau à damiers se présente après une course, que dire, un week-end bien mouvementé, où l’expérience aura primé et aura sacré Lewis Hamilton, champion du monde pour la septième fois qui égalé Michael Schumacher. La légende est entière et complète pour un pilote qui a émis la possibilité de ne plus être en Formule 1 la saison prochaine même si cela semble probable qu’il reste.

Racing Point et Ferrari dans les tops, Verstappen et Renault en flops

Racing Point a connu un week-end comme il en avait rarement vécu par le passé. Après la lumineuse pôle position de Stroll, Perez a été aussi l’auteur d’une très belle performance en partant troisième sur la grille. Un très bon départ et un excellent déroulement du grand prix permettent aux monoplaces roses de faire le plein de points et de frapper un grand coup au classement constructeur. Par l’intermédiaire des 20 unités du mexicain et des deux autres ramenées par Stroll, l’écurie est désormais troisième du classement général des constructeurs avec 154 points alors que McLaren, quatrième, en compte cinq de moins.
Racing Point n’est pas la seule équipe du plateau à avoir réalisé un très bon week-end. La Scuderia Ferrari, en difficulté en début de saison et qui semble avoir bien fait évoluer sa monoplace, a également profité de ce week-end turc. Suite aux qualifications en demi-teinte, l’expérience a parlé pour Vettel, victime d’un départ éclair, passant de onzième à troisième en l’espace de quelques tours de roues. Le quadruple champion du monde allemand s’est même ardemment battu avec Hamilton pendant de nombreux tours, un duel comme on les aime, un duel qui nous donne le sourire. Leclerc, lui, a également réalisé une très bonne course même s’il est rentré trop vite dans le dernier enchaînement de virages et a raté son dépassement sur Perez, tout en concédant la troisième place du podium à Vettel. Furieux, la radio chauffera une fois le drapeau à damiers franchi. 17 points conquis et un grand prix référence cette année pour la Scuderia, qui devait compter Binotto absent dans ses rangs en Turquie.

À l’inverse, Verstappen a connu un GP bien difficile. Après avoir manqué une occasion de signer la pôle position, il a fait du sur-place au départ de la course. Avec la conduite agressive qu’on lui connaît, les erreurs ont été nombreuses même s’il manie à la perfection les manœuvres de remise en piste lors des « spins. » Sans ces erreurs, il aurait facilement pu prétendre au podium et aurait même pu aller chercher Perez en fin de grand prix. Il a finalement terminé 6e sous le goudron de l’Istanbul Park.
Enfin, Renault. L’écurie française, après avoir connu des qualifications tout à fait respectables, a vu sa journée dominicale quelque peu compliquée. Ce premier virage tant redouté a fait les frais de l’écurie. Ricciardo se fait tasser et touche la partie de gauche de la monoplace d’Ocon, qui part en tête-à-queue et ressort en fin de peloton. Une déconvenue bien dommage au vu du très bon départ des deux pilotes. La suite, c’est une bataille morne en milieu de peloton. Ricciardo ne peut faire mieux que 10e et Ocon se voit relégué hors des points, onzième, par son propre coéquipier. Énorme coup d’arrêt pour l’écurie qui était classée troisième au classement constructeur avec cette fin de semaine. La franchise est dorénavant cinquième à 18 points de la troisième place et doit surveiller ses arrières au vu des bonnes performances de Ferrari qui revient à 6 points de l’équipe de Cyril Abiteboul. Il reste trois grands prix, trois rendez-vous, trois finales à Renault pour faire la différence.

Deux courses sur le circuit de Sakhir à venir

Pour les 3 dernières courses de la saison, les deux premières auront lieu sur le circuit de Sakhir à Bahreïn. La première course, sur le tracé habituel du grand prix, portera le nom du GP de Bahreïn. Long de 5,4 kilomètres, ce circuit qui comprend 15 virages a vu l’an dernier Hamilton s’imposer après la première pôle position de la carrière de Charles Leclerc, record du circuit à ce jour. Le monégasque aurait sans doute remporté son premier grand prix si sa monoplace n’avait pas souffert d’un problème technique dans la seconde moitié de la course. Construit en 2002, il reçoit son premier grand prix de Formule 1 en 2004 avec la victoire de Schumacher et n’a plus, hormis en 2011, quitté le calendrier de la Formule 1. Du haut de ses 57 tours, le circuit nocturne de Bahreïn nous a offert de belles batailles en course comme en 2014 et l’intense duel entre Rosberg et Hamilton, aux bords des limites.
Seulement, le circuit a différentes formes : d’abord d’endurance, qui a reçu les 8 heures de Bahreïn le week-end dernier, l’ovale plat, le tracé intérieur mais aussi le tracé extérieur. C’est lui qui va recevoir le rebaptisé grand prix du Sakhir, après celui de Bahreïn. Il faudra, pour ce coup-là, 87 tours pour combler les 307 kilomètres que compte la course dominicale. Il s’agira du premier GP de Formule 1 mais aussi de Formule 2 sur ce tracé plus court. Deux courses qui seront aux multiples enjeux au milieu du désert, pour notre plus grand bonheur.

Crédits photos : Eurosport, Orange Sports, Goodwood et Sky Sports

Solal Pestana – 21 novembre

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