Belge de naissance mais français dans son coeur, Sacha Rifflart pratique le décathlon. Lors des championnats de France, il a prouvé qu’il faisait partie des meilleurs de sa génération. Pour apprendre à le découvrir, rien de mieux qu’une interview où il se confie pleinement à nous.

Portrait

Nom : Rifflart
Prénom : Sacha
Âge : 17 ans
Région : Provence-Alpes-Côte d’Azur
Club : AC Cannes
Coach(s) : Anthony Santerre et Sébastien Franck
Discipline(s) : Épreuves combinées
Record(s) : 6 779 pts au décathlon et 5 165 pts à l’heptathlon

Pour compléter ce petit portrait, place à l’interview de Sacha qui évoque sa nationalité, ses débuts tardifs dans l’athlétisme ou encore la saison particulière qu’il vient de vivre

À quel moment l’athlétisme est entré dans ta vie et pourquoi ?

Sacha Rifflart : J’ai commencé l’athlétisme à 13 ans. Avant, je faisais de la gymnastique. J’ai arrêté par rapport à ma taille, c’est un sport où il faut être plutôt petit et assez costaud. Je n’avais pas le gabarit qui correspondait donc je me suis dirigé vers l’athlétisme. Plus particulièrement le décathlon parce que c’est quelque chose de varié et je ne voulais pas toujours faire la même chose.

Quelle importance a l’athlétisme à tes yeux ?

S.R : Ça occupe une place importante. J’essaye de garder un bon niveau scolaire à côté mais je m’entraîne cinq fois par semaine. Du lundi au jeudi et le samedi matin, où je fais généralement de la perche.

Pourquoi avoir choisi les épreuves combinées ?

S.R : En benjamin et minime, on faisait un peu de tout et c’est en cadet qu’on commence à se spécialiser. Moi, on m’avait dit que j’avais un physique et un potentiel pour disputer des épreuves combinées. Ça ne m’a pas déplu car justement, le fait que ce soit varié et pas toujours la même chose à l’entraînement, j’aime bien. De plus, l’ambiance en compétition qui est encore plus familiale et plus forte que sur les autres compétitions individuelles me plaît.

Comment fais-tu pour t’entraîner dans toutes les disciplines ?

S.R : Ça dépend des périodes d’entraînements et de ce qu’on prépare. Il y a plus ou moins de préparation physique ou de techniques en fonction de s’il y a des compétitions ou non. En général, le samedi c’est tout le temps de la perche. Pour le reste, mon coach me donne un plan en début de semaine avec tout ce que j’ai. On essaye de combiner deux disciplines par entraînement et on varie selon les semaines.

Sur quelle épreuve es-tu le meilleur et le moins bon ?

S.R : Les haies j’aime beaucoup, j’ai peut-être une facilité de par ma taille. Justement pour les France à Evry en individuel *, j’allais peut-être chercher quelque chose sur cette épreuve. Et là où je dois m’améliorer pour faire une vraie différence, c’est la perche. Je ne suis pas mauvais mais c’est vraiment là où quand on est bon, ça paye beaucoup. Et aussi sur 1500 m, comme c’est la dernière discipline du décathlon, il faut finir fort.
*annulés 4 jours avant la compétition pour cause de coronavirus

Au niveau des performances, es-tu satisfait de ce que tu réalises actuellement et ta progression est-elle satisfaisante ?

S.R : Il y a quasiment une saison qui a sauté avec tout ce qui s’est passé. J’estime que j’ai de la chance parce que là où j’habite, j’ai pu continuer de m’entraîner. J’avais emmené des affaires avant le confinement pour faire des exercices physiques. Ça a payé en général. Mais là, j’ai eu mes France à Aubagne en septembre et je n’ai clairement pas été satisfait. En individuel, j’avais fait des compétitions où je m’améliorais. Puis je suis parti en stage avec mon club, du coup je n’ai pas pu faire le décathlon d’Oyonnax. En arrivant aux France, je me suis mis la barre un peu trop haut car je savais que je pouvais jouer quelque chose. Dès la première épreuve, le 100 m, ça ne se passe pas forcément comme je l’attendais. Ce fut un peu un enchaînement de déceptions et ça a été dur. Je fais quand même quatrième, mais en prenant les performances individuellement, je n’ai pas été du tout satisfait. Je pense que c’est un peu dû à ce manque de confrontation. J’étais bien entraîné mais je n’avais pas vu la progression des autres.

« J’ai peut-être une facilité de par ma taille »

Pour quelqu’un qui fait de l’athlétisme depuis seulement 4 ans, c’est très fort de se retrouver dans les trois/quatre meilleurs de ta catégorie au niveau national…

S.R : Généralement c’est ce qu’on dit quand on en parle avec mes proches. Certes je suis en tête des bilans et je me mets une pression, mais derrière je me dis que certaines personnes en face de moi font de l’athlétisme depuis toujours. La gym m’a donnée une bonne base, que ce soit physiquement ou même l’esprit de compétition. Après, je me dis que ça ne peut pas être une excuse toute ma vie, ils auront toujours une avance mais c’est à moi de faire en sorte de la rattraper.

Quel bilan fais-tu de ta saison estivale ?

S.R : Aux championnats de France, il y a eu un léger problème de mental et ça m’a vraiment mis une claque. Avec le recul, je trouve ça pas plus mal car imaginons que je gagne, j’aurais continué à m’entraîner en me disant « c’est bon tranquille », sans me mettre la pression et je me serais juste mangé une claque plus tard. Alors que là, ça m’a permis d’ouvrir les yeux, de voir que finalement je n’étais pas le seul à progresser et qu’à chaque entraînement, il faut que je travaille ce qui ne va pas. J’essaye de ressentir chaque chose à chaque répétition, je ne tombe pas dans une routine. Finalement, la saison est quand même positive.

Quels sont tes objectifs à venir ?

S.R : Là je vais passer en junior, je vais retrouver des personnes avec qui j’étais il y a deux ans. Quand je regarde les bilans, il y a deux ans j’étais 9/10e alors que maintenant j’ai vraiment évolué. Donc là, il va falloir essayer d’accrocher ceux qui sont déjà en junior depuis un an. Je vais essayer de me faire une place, on verra ce que ça donne. Mais comme il y a une incertitude sur toutes les compétitions, on hésite à arrêter le disque, le javelot, etc. Cela permettrait de continuer de se préparer pour la saison estivale 2021.

Parles nous de ta nationalité belge et de ton arrivée à Cannes…

S.R : J’ai toute ma famille en Belgique, mais moi je suis arrivé en France à 8 ans. Mes parents voulaient déménager en France à cause du climat, en Belgique il ne fait pas aussi beau que sur la Côte d’Azur. Maintenant, tous mes amis sont ici, en France. Par rapport au sport, ça me fait un peu sourire quand j’entends « le belge de l’AC Cannes. » Certes je suis belge mais en soit j’ai passé autant d’années de ma vie ici qu’en Belgique, donc je me considère comme français. Comme je ne suis pas français, je ne peux pas être en équipe de France. De ce fait, ça fait 8 mois qu’on a fait une demande de naturalisation, aucun de mes deux parents n’est français donc je ne peux pas demander la double nationalité, je pourrais la demander seulement à 18 ans. Pour l’avoir avant, il faut être naturalisé mais c’est très long.

As-tu été approché par la sélection belge ?

S.R : J’ai été en contact avec les fédérations françaises et belges pour une sélection. Mais le souci, c’est que si j’envisage de faire une sélection avec la Belgique, je ne pourrais plus en faire avec la France. Si j’ai une sélection avec un pays, je ne pourrais plus en avoir avec l’autre. Moi, je considère que je m’entraîne en France, toutes mes compétitions sont en France, je préférerais attendre et être sélectionné avec la France.

À ce jour, quel est ton plus beau souvenir sportif ?

S.R : La compétition qui m’a plu le plus plu, c’était l’hiver dernier à Lyon. J’ai fait deuxième, il s’agissait des championnats de France en salle d’heptathlon. Tout s’est bien passé, j’étais vraiment dans ma compétition, épreuve sur épreuve je voyais le classement se dessiner. Ce qui m’a le plus forgé, ce sont les deux opposés, la réussite d’un côté (à Lyon) et d’un autre côté la défaite (à Aubagne), de voir les autres se démarquer.

Crédits photos : Stephen Rifflart et Sacha Rifflart

Martin Lhôte – 12 novembre

(2 commentaires)

  1. Si la. Belgique t à bercer Sacha , la France ainsi que ta persévérance ont fait de toi un sportif de haut niveau avec en plus une pureté d âme
    Félicitation pour ce parcours courageux ainsi que à tes parents et tes coachs qui ont rendus cela possible marraine et J J

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