« Les records sont là pour être brisés », c’est ce qu’a déclaré Mick Schumacher, fils de la légende Michael, à l’issue du grand prix d’Eifel qui a vu Lewis Hamilton non seulement s’imposer, mais aussi égaler le nombre de victoires du pilote allemand. 91 premières marches sur le podium, 2 légendes, bientôt un nouveau record de victoires en carrière et un échange de casques : voilà ce qui était dans toutes les bouches à la fin de la course. Il s’agissait également du retour sur le podium de Renault, avec la troisième place de Daniel Ricciardo, après quelque dix ans d’attente. Si vous n’avez pas pu assister aux 60 tours de roues sur le Nürburgring, n’ayez pas trop vite la tête au GP du Portugal et prenez un peu de temps pour le débrief’.

Le film de la course

La pluie allemande a joué des tours aux pilotes et à leurs écuries dès l’entame du week-end avec l’annulation des premières et secondes séances d’essais libres. Quant au scénario, il est inverse à celui connu en Russie. Cette fois-ci, Bottas part en pôle position et Hamilton, placé deuxième, s’adjuge vainqueur. Habituel troisième sur la grille, Verstappen est suivi de Leclerc. Derrière, Albon, Ricciardo, Ocon, Norris, Perez et Sainz ont signé des temps décroissants. On trouve Vettel 11e, Gasly 12e, suivi de Kvyat, Giovinazzi, Magnussen et Grosjean. Enfin, les dernières places sont occupées par Russell, Latifi, Räikkönen et Hulkenberg, rappelé en urgence pour remplacer Stroll, absent pour maladie autre que le Covid.
Le départ est tendu. Les Mercedes sont proches de se toucher et Hamilton oblige Bottas à sortir des limites du circuit, mais ce dernier garde l’avantage. Après neufs tours, Ricciardo dépasse enfin Leclerc alors que, peu après, Bottas se rate complètement au premier virage, bloque ses roues et laisse la tête de la course à Hamilton. Autre victime de ce premier virage ravageur, George Russell, percuté au 14e tour par Räikkönen, alors en lutte avec le pilote Williams ainsi que Vettel pour les places de fond de grille. Abandon pour le britannique et pénalité de dix secondes pour le pilote Alfa Romeo. 3 tours plus tard, après avoir complètement raté son dernier virage, Kvyat voit l’aileron avant de son AlphaTauri se faire arracher par Alexander Albon, ce dernier qui s’est rabattu trop tôt après son dépassement.

Au 19e tour, Bottas doit abandonner pour un manque de puissance moteur. Il sera rejoint plus tard par Ocon, contraint d’arrêter à cause d’un problème hydraulique sur sa monoplace et Albon. Lando Norris, avec même problème de puissance, abandonnera au 44e tour. La fin de course annonçait pourtant une belle bataille entre Ricciardo, troisième, et Perez, qui s’était enfin défait de Leclerc et qui amorçait sa remontée sur le pilote Renault. Seulement, la Safety Car causée par Norris est venue semer la discorde. Le restart aurait pu avantager le pilote Racing Point dans sa quête du podium, mais Ricciardo gère parfaitement la relance et peut même se permettre d’essayer de subtiliser la seconde place à Verstappen, en vain.
S’ensuit une poignée de derniers tours qui voit Hamilton remporter le grand prix de l’Eifel et égaler Schumacher. Sur le podium, ce n’est pas un, mais deux trophées que le champion du monde en titre arbore. En plus du trophée de victoire du GP, Mick Schumacher a offert le casque de son père en guise de passation de record. La seconde place est occupée par Verstappen, auteur du meilleur tour en course. Ricciardo, lui, pointe fièrement sur la troisième marche du podium.

Plus de tops que de flops

Comme toujours, certains pilotes se sont bien démarqué du reste du peloton, à commencer par Daniel Ricciardo. Après de nouvelles qualifications réussies qui voient bien souvent la Renault de l’australien s’installer au devant de la grille, le pilote et son équipe ont très bien géré la course. Même si ce dernier est peut-être resté un peu trop longtemps derrière la Ferrari de Leclerc, il a parfaitement géré le restart après la voiture de sécurité et a su brillamment contenir Perez dans ses rétroviseurs. Il offre ainsi un podium à Renault, près de 10 ans après celui d’Heidfeld en 2011. Il a déclaré que cette troisième place avait une saveur particulière et qu’il avait la sensation de vivre son « premier podium » en F1.Le pilote aura la lourde tâche de choisir le motif du tatouage de Cyril Abiteboul, qui a promis de se faire tatouer en cas de podium. « Je lui laisse choisir l’emplacement et la taille, en ce qui concerne le motif, il sera sûrement en relation avec le pays organisateur du grand-prix. » Quant à lui, Christian Horner, le directeur de l’écurie Red Bull, proposait l’idée d’un taureau rouge sur les fesses, plutôt taquin envers son homologue.
Parti 4e et finissant septième, Charles Leclerc s’est également très bien débrouillé au Nürburgring. Avec le potentiel en course que l’on connaît de sa monoplace rouge, le pilote monégasque a non seulement été l’auteur d’une très bonne qualification mais a aussi su garder Ricciardo derrière lui en début de grand prix pour se battre au devant de la grille. Distinction également pour les deux français que sont Romain Grosjean et Pierre Gasly. Le premier a terminé neuvième et a inscrit 2 points importants. Sa course avait très mal débuté après qu’il ait reçu un caillou dans le doigt, dû à la monoplace de Raikkonen en début de grand prix. Sa très bonne stratégie notamment sous régime Safety Car lui a permis de décrocher ces deux précieux points, inespérés en partant 16e sur la grille. Gasly, lui, démarrait la course douzième et a terminé 6e.

Il s’agissait également du “re-retour” de Nico Hulkenberg, rappelé en urgence samedi pour remplacer Lance Stroll, malade. Après avoir déjà porté main forte durant l’été pour les deux grands prix à Silverstone, cette fois-ci ce fut en Allemagne, chez lui, que le pilote s’est distingué. Sans échauffement, ni tour de reconnaissance, Hulkenberg n’a pu faire mieux que vingtième à la fin des qualifications avec un temps loin d’être ridicule. Il terminera la course huitième et offrira quelques points à Racing Point. Quelques précieux points qui permettent à l’écurie de s’emparer de la troisième place du classement constructeur dans sa lutte avec Renault, Ferrari et McLaren. Une fois de plus, le pilote allemand a montré qu’il était à la hauteur des attentes et a de nouveau posé sur la table des transferts la question de son retour en Formule 1.
Côté flops, Albon n’a pas été l’auteur d’une course de qualité malgré une très belle cinquième place arrachée en qualifications. Son dépassement imparfait sur Kvyat et quelques erreurs en course n’ont guère arrangé la chose. Son week-end s’est de plus soldé par un abandon. Il n’est pas le seul, et s’il y en a bien un pour qui la situation n’est pas une exception, il s’agit bien sûr de Sebastian Vettel. Une permanente bataille en fond de grille et un tête-à-queue sorti de nulle part en milieu de grand prix le font pointer à la 11e place au terme de la course. Une perte constante de performance et, semble-t-il, de motivation, qui le verront partir la saison prochaine chez Aston Martin et se faire remplacer chez Ferrari par Sainz.

Les yeux désormais rivés sur le GP du Portugal

Circuit de l’Algarve, Portimao, Portugal. Telle est la prochaine destination pour tout le beau monde de la Formule 1. Depuis 1996, le Portugal n’avait pas connu de grand prix national. À l’époque, dans sa lutte pour le championnat du monde, le canadien Jacques Villeneuve s’était adjugé la victoire après un très beau dépassement sur Michael Schumacher. En ces temps-ci, le circuit d’Estoril avait été choisi pour accueillir les festivités. Début avril, après avoir reçu le grade 1 de la part de la FIA, attestant de son habileté à recevoir un GP, le Portugal, quelque peu épargné par la pandémie de coronavirus, est entré au calendrier pour la saison 2020.
Le circuit de l’Algarve a été achevé en octobre 2008. Il compte 18 virages répartis sur 4,7 kilomètres. Jusque-là, l’enceinte goudronnée n’avait reçu que des essais libres de différentes catégories, des manches de Superbike, de FIA GT1 et de Le Mans Series, et accueillera le week-end du 22 novembre la Moto GP. Il s’agit d’un tracé bossu compliquant quelque peu le pilotage. Il peut faire penser à celui de Barcelona-Catalunya. Sans réel virage serré, le phénomène d’aspiration peut avoir son importance surtout en qualifications et pour les dépassements. Aucun pilote actuel n’y a jamais conduit, le circuit peut donc nous réserver quelques belles surprises pour sa première.

Crédits photos : Le Parisien, Goodwood, Hypebeast et F1 PT

Solal Pestana – 15 octobre

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