Alors que les jeunes équipes de France sont parmi les meilleures au monde et rivalisent largement avec les gros cadors, le XV de France peine à retrouver son lustre d’antan. Malgré une élimination précoce à la dernière coupe du monde, les Bleus reviennent en force et peuvent compter sur de jeunes pépites. Clément Egiziano espère en faire rapidement partie, du haut de ses 1 m 83 et 93 kilos. Le toulonnais s’est confié.

Portrait

Nom : Egiziano
Prénom : Clément
Âge : 18 ans
Région : PACA
Poste : Troisième ligne aile
Club : Rugby Club Toulonnais
Poids : 93 kg
Taille : 183 cm

Pour compléter ce portrait, voici l’interview de Clément qui nous parle de son nouveau contrat à Toulon, de ses débuts au rugby ou encore l’ambiance en centre de formation

À quel âge as-tu commencé le rugby et est-ce devenu rapidement un projet sérieux pour toi ?

Clément Egiziano : J’ai commencé le rugby très jeune, je devais avoir 5 ans. L’aventure a débuté à Six-Fours-La-Plage puis à La Seyne-Sur-Mer. Au début, c’était une passion, passer du bon temps avec mes entraînements la semaine. J’avais peu de confiance en moi ce qui me faisait penser que ça n’était pas possible de devenir professionnel mais avec de la persévérance et beaucoup de travail, on arrive à avoir ce que l’on souhaite. En ce moment, je travaille énormément afin de mettre le maximum de chance de mon côté pour parvenir à mon objectif.

Comment ta famille t’accompagne-t-elle dans ton projet ?

C.E : Mon père et moi, nous avions prévu ça. L’année dernière, je n’ai fait pratiquement que du rugby même si j’ai travaillé aussi à côté et c’est peut-être grâce à cette année que j’ai réussi à avoir ce contrat. J’ai désormais repris mes études. Ma mère était plutôt inquiète par rapport à cela tandis que mon père a toujours eu une grande confiance en moi, même s’il ne le montre pas forcément. Maintenant que je commence à être un peu plus haut dans le monde du rugby, ça rassure un peu ma mère et le fait que je fasse des études à côté, elle est rassurée pour la suite.

Tu viens de signer un contrat de formation avec le RC Toulon rugby, qu’est-ce que cela provoque comme sentiment ?

C.E : Pour moi, c’est un vrai sentiment de fierté car dans un premier temps, c’est beaucoup de travail fourni et c’est un rêve depuis petit de réussir à m’entraîner et faire quelques matchs avec l’équipe professionnelle. Juste ça c’est énorme, je ne m’en suis pas rendu compte dès le début donc c’est vrai que ça me procure énormément de joie et puis de la fierté pour le travail fourni derrière.

Quelle est la différence entre un contrat pro et ton contrat actuel ?

C.E : Mon contrat actuel est un contrat jeune joueur, pour ceux qui ont entre 18 et 22 ans. Il faut énormément travailler et ce contrat sert à faire ses preuves pour, à la fin de ce contrat, décrocher un contrat professionnel. C’est dans cette période où l’on peut commencer à faire des matchs en pro et se démarquer des autres.

Sur le plan scolaire, as-tu délaissé les études pour le rugby ou au contraire, tu as continué afin d’avoir un diplôme en sortant ?

C.E : Je fais actuellement un BTS en ce moment et vu que j’ai le statut de Sportif de Haut-Niveau, j’ai des horaires aménagés pour mon BTS qui est dans un lycée juste à côté de mon stade. Je fais une formation de 3 ans tout comme mon contrat qui est sur 3 ans, il faut que j’arrive à obtenir mon diplôme au bout de ces 3 ans. J’ai donc une porte de sortie si le rugby venait à ne pas marcher pour moi.

Comment te sens-tu en centre de formation et quelle ambiance y règne ?

C.E : À mon poste, c’est compliqué de jouer en pro car il y a des joueurs énormes tel que le capitaine de l’équipe de France ou le capitaine de l’équipe d’Italie. Je ne ressens aucune concurrence par rapport à eux car pour le moment je ne suis pas à leur niveau, mais je travaille en conséquence. Eux, ils sont plutôt chaleureux car ils viennent vers moi pour me donner des conseils, essayer de m’aider dans le plan de jeu, les placements de touches, les sorties de mêlées, etc. Même quand je suis monté avec l’équipe pro, je me suis toujours bien senti et je ne ressens pas vraiment de concurrence à ce poste.

« Ce contrat sert à faire ses preuves »

Comment te sentais-tu avant tes matchs avec l’équipe professionnelle ?

C.E : Il s’agissait de matchs amicaux donc c’était une ambiance particulière mais vraiment énorme pour moi. Je pense que quand j’y ai été, j’ai eu du mal à réaliser la chose et ce qui était bien, c’est que je n’ai ressenti aucun stress et cela m’a paru bizarre venant de moi car je stresse pas mal en temps normal. J’ai pu produire des performances correctes et j’ai pu rester dans le match. Même si il n’y avait pas de stress, il y avait quand même de l’anxiété. Je prends les choses du bon côté car je vis mon rêve.

Que penses-tu du nombre de morts ainsi que la violence qui est souvent évoquée en rugby ?

C.E : C’est vrai que y a une part de violence dans le rugby. Sur les décès, je pense que ce n’est pas forcément dû à un impact car il y avait souvent des maladies derrière ou des arrêts cardiaques. Je pense surtout que c’est un sport virulent avec beaucoup de violence. Néanmoins, les décès au niveau des coups me choquent même s’il y a beaucoup d’antécédents sur les décès dans le rugby. C’est effectivement un sujet qui fâche chez les rugbymans.

Y a-t-il réellement une rivalité entre les rugbymans et les footballeurs ?

C.E : Je ne pense pas qu’il y ait de rivalité, après c’est vrai que certaines choses font polémique tel que les différences de salaire. Après moi, je n’ai rien à leur envier. Ce sont des sportifs que l’on doit respecter comme tout le monde car ça reste de gros travailleurs. Le football est un sport plus universel et les rugbymans ont tendances à aller voir des matchs de foot, tandis que les footballeurs restent focus sur le foot et ne s’intéresse pas forcément au rugby.

Quel joueur t’inspire dans le monde du rugby ?

C.E : J’ai quelqu’un qui joue à mon poste et qui est un exemple pour moi, c’est Julien Ory. J’essaye de suivre ses traces, on est nés au même endroit, on a grandi au même endroit et j’aimerais suivre le même parcours que lui.

Comment vois-tu l’avenir à partir de maintenant ?

C.E : Mon objectif serait de jouer cette année en équipe de France -20 ans. C’est vraiment un gros objectif que j’essaye de mettre en place. Pour l’avenir au sein du club, l’objectif serait de signer un contrat pro au RCT car c’est mon club de cœur. Mais si ce n’est pas ici et que c’est un autre club, je serai très heureux car mon but est d’exercer ma passion en tant que joueur professionnel.

Aurais-tu des conseils à donner à tous ceux qui rêvent de devenir sportif professionnel plus tard ?

C.E : Dans un premier temps, il faut réussir et acquérir une confiance en soi, il y a aussi une énorme part de travail. Toutes les personnes qui disent qu’ils n’y arriveront pas, s’il n’y a pas de travail derrière, de séances de sport et un manque d’envie, ce sera compliqué. L’engagement et l’envie sont les éléments clés pour réussir. Pour toutes les personnes qui souhaitent arriver au haut-niveau, je leur conseille du travail et de la persévérance et de ne jamais rien lâcher.

Crédits photos : Rugby Club Toulonnais

Côme Viguié – 1 octobre

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