Sacrifices, persévérance, hauts et bas, tant de termes qui définissent la difficulté de la quête du haut-niveau, quel que soit le sport. Entre autre, le tennis le prouve au quotidien surtout le circuit féminin qui, de part sa densité de niveau de jeu, laisse peu de place à de nouvelles têtes dans la hiérarchie mondiale. Néanmoins, la jeune Manon Léonard espère bouleverser l’ordre établi et semble plutôt bien partie, il est temps de la découvrir.

Portrait

Nom : Léonard
Prénom : Manon
Âge : 19 ans
Pays : France
Débuts au tennis : 5 ans
Classement WTA : 578e (561e en 2020)
Coach(s) : Yoann Le Mee et Stéphane Sarda (tennis puis physique)
Titre(s) : 5 (toutes catégories confondues)
Meilleure performance : Victoire sur Martina Di Giuseppe (ITA, WTA 180) à Macon (25 000$)

Pour compléter ce petit portrait, voici l’interview de Manon qui nous parle de ses souvenirs en grand chelem, du confinement ou encore de son jeu

Si tu devais te présenter en quelques mots…

Manon Léonard : Je suis née le 20 janvier 2001, je suis de Seine-et-Marne, j’ai commencé le tennis au club du Mée-sur-Seine jusqu’à mes 15 ans et ces 4 dernières années je suis au club de Fontainebleau. Je me suis entraînée de mes 8 ans à mes 18 ans à la Ligue de Seine-et-Marne avec François Mottier pour le tennis et Stephane Sarda pour le physique. Je m’entraîne depuis septembre au CNE. Au niveau de mes études, j’ai eu mon bac ES l’année dernière.

À quel âge as-tu débuté le tennis et pourquoi avoir choisi ce sport ?

M.L : J’ai commencé le tennis à l’âge de 5 ans au club de Mée-sur-Seine car mon frère jouait déjà. Je ne me rappelle pas très bien mais lorsque j’étais jeune, j’ai beaucoup joué tapé le mur, c’est à ce moment-là que mes parents ont décidé de m’inscrire dans un club pour jouer au mini tennis. Mes parents ont toujours beaucoup aimé le tennis, d’ailleurs je me souviens avoir regardé beaucoup de matchs avec eux.

Quel est le plus beau souvenir que tu as vécu dans ta jeune carrière et en quoi est-il important à tes yeux ?

M.L : Plusieurs souvenirs m’ont particulièrement marqué, donc il est difficile d’en prendre un. Mais un souvenir qui restera gravé est mon match contre Elina Svitolina (5e mondiale) en 2018 à Caen, c’était vraiment un moment incroyable. Cependant, j’appréhendais énormément de la jouer car j’avais peur de perdre sèchement mais finalement, cela s’est plutôt bien passé puisque j’ai perdu 6-3/6-4. Il y avait du monde pour me soutenir et une belle ambiance ce jour-là. Pouvoir jouer une joueuse de ce niveau était une chance, d’autant plus qu’elle venait tout juste de gagner le Master.
Mon autre souvenir est plus global puisque j’ai eu la chance de jouer les 4 grands chelems. En Australie, j’ai réussi à me hisser en quart de finale et grâce à cette belle performance, j’ai pu acquérir de l’expérience pour le futur. Par la suite, nous sommes restés un peu plus longtemps que les autres tournois car j’ai joué plusieurs matchs. Mon coach, Francois Mottier, m’a accompagné et m’entraîne depuis que j’ai 8 ans et c’est vrai que disputer les 4 plus grands tournois du monde avec lui, c’était vraiment génial.

Quel est ton ou ta joueur/se préféré(e) ?

M.L : Le joueur que j’apprécie le plus est Roger Federer. Je regarde tous ses matchs et quand il gagne, je suis super heureuse mais quand il perd, je pleure (rires). C’est le joueur qui m’inspire le plus et j’ai d’ailleurs eu la chance de faire une photo avec lui à Wimbledon à la fin de son entraînement, et je me souviens que j’étais très impressionnée et que je tremblais à ce moment-là !

Le monde entier a été touché par le coronavirus et a dû interrompre les tournois. Comment s’est passé ton confinement et quels moyens as-tu eu à ta disposition pour t’entretenir ?

M.L : Mon confinement s’est plutôt bien passé, j’étais chez mes parents qui ont un jardin donc c’était très agréable. Grâce à ça, j’ai eu la chance de bien m’entretenir physiquement car j’ai un banc de musculation et je n’ai pas trop perdu de muscles au niveau du haut du corps et j’ai fait beaucoup de footing également et du travail musculaire sur le bas du corps avec les élastiques. Quand je suis revenu à l’entraînement, je me suis senti plutôt bien mais évidemment il fallait que je reprenne les sensations avec la raquette. Pour moi, le confinement est passé assez vite et cela n’a pas été trop pesant malgré le manque de tennis.

Que penses-tu de la lettre ouverte d’Inès Ibbou suite au refus de Dominic Thiem de ne pas participer au fond de solidarité pour aider les joueuses les moins bien classées ?

M.L : Je vous avoue que je n’ai pas vraiment un avis très tranché sur la lettre d’Inès Ibbou par rapport aux propos de Thiem. Pour moi, je comprends qu’il dise qu’il y ait des joueurs sur le circuit qui ne sont pas professionnels et qui ne s’entraînent pas bien ou qui font n’importe quoi. C’est vrai que sur les tournois, on peut voir certains joueurs qui font des mauvaises choses même si ce n’est pas la majorité. C’est pour cela que je peux comprendre qu’il ne veuille pas forcément donner pour ces joueurs-là. Cependant, je comprends aussi Inès Ibbou qui a dû galérer dans son pays où les aides devaient être minimes et la situation doit être compliquée au niveau financier je pense.

« J’ai eu la chance de jouer les 4 grands chelems »

Tu as réussi à te hisser en ¼ de finale l’année dernière à l’Open d’Australie junior, est-ce un résultat probant dans ta jeune carrière ?

M.L : Sur le coup, j’étais très contente de jouer un quart de finale en Australie parce qu’il y a eu beaucoup d’émotions et c’était une superbe expérience mais après je sais que ce n’est pas cette belle performance qui déterminera ma réussite. Par rapport au circuit WTA, cela n’a aucun lien et ce n’est pas la même chose car on joue des adultes beaucoup plus expérimentés, plus forts physiquement et plus stables mentalement.

Quel est ton style de jeu et quels sont tes points forts ?

M.L : J’ai un style de jeu atypique car je ne suis pas un grand gabarit (1 m 65), j’essaye de jouer avec mes forces en faisant pas mal de variation comme des amorties, des chip, varier également les hauteurs et monter à la volée. J’essaye d’être le plus solide possible et de faire craquer les autres mentalement en faisant très peu de fautes dans les échanges.

Quelle est la surface de jeu que tu affectionnes le plus ?

M.L : Même si mon jeu peut s’adapter à la terre battue, j’aime bien jouer sur dur car j’apprécie particulièrement contrer avec mon revers et prendre la balle tôt. C’est vrai que c’est un peu plus simple pour moi de le faire sur dur car la balle rebondit moins haut et ça va un peu plus vite. Cependant, j’aime bien aussi la terre battue avec les amorties et pouvoir défendre avec les glissades. J’aime donc un peu plus la surface dure.

Le mental est un aspect primordial chez les sportifs de haut niveau. Es-tu suivie par un coach et si oui, quels effets cela t’apporte-il ?

M.L : Étant plus jeune, j’ai travaillé avec un préparateur mental qui m’avait bien aidé dans ma relation avec mes parents. Mais actuellement, je ne travaille pas avec un préparateur mental.

Peux-tu nous raconter une anecdote qui t’a marquée sur un tournoi ?

M.L : C’était une grande chance de pouvoir jouer les 4 grands chelems même si c’était en junior et c’était une superbe expérience car on joue sur les mêmes courts et on partage les vestiaires avec les pros donc c’est vrai que c’est assez impressionnant. Par exemple, pouvoir jouer dans un stade comme Wimbledon est impressionnant car c’est l’histoire du tennis. Gérer cette pression aide énormément par rapport aux autres tournois et à la gestion du stress. En Australie, j’ai joué trois matchs et j’ai eu quelques interviews à faire, cela m’a habitué à être plus à l’aise et en plus c’était en Français ! (rires)

Crédits photos : Manon Léonard et Stéphane Rondeau

Les Reporters Incrédules – 28 août

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