Après un Paris-Nice raccourci d’une étape, le cyclisme se demandait comment il allait survivre pendant cette période exceptionnelle de Covid-19. Son sauveur est alors apparu : le cyclisme virtuel. Entre plateformes d’entraînement ou organisateurs de courses virtuelles, une véritable discipline est née, ce qui est notre sujet du jour.

Professionnels comme amateurs, aucune barrière

2 (Cyclisme Revue)

Cette période de confinement a été longue pour tout le monde et la plupart des sports ont dû s’arrêter soudainement. Le cycliste amateur comme professionnel n’a pas eu le choix, il fallait garder la forme. La seule et unique manière pour pédaler dans sa maison était le vélo d’appartement ou encore mieux, le home trainer. Cependant, pédaler des heures dans son garage sans avoir l’occasion de voir du paysage s’est avéré très long. Au bout de deux semaines, la majorité des cyclistes cherchaient une alternative au home trainer. Des plateformes virtuelles d’entraînement existaient déjà depuis un moment. Le principe ? Le paysage défile à la vitesse du cycliste et la difficulté change en fonction de la pente, l’utilisation de celle-ci est d’ailleurs assez simple. Le cycliste a besoin d’un home trainer connecté qu’il branche à son ordinateur associé à un abonnement à l’une de ces plateformes et le tour est joué.
Nombreux cyclistes se sont alors tournés vers celles-ci. L’un des principaux points positifs de ces applications est de pouvoir rouler avec ses coureurs favoris. En effet, de nombreux professionnels y sont inscrits, cela est presque devenu un indispensable. Il y a deux possibilités pour pouvoir les croiser : soit vous avez de la chance et vous croisez Warren Barguil sur l’un des nombreux circuits que propose votre plateforme favorite, ou alors vous vous inscrivez à l’un des nombreux « meet-up » organisé par les équipes professionnelles ou coureurs eux-mêmes. Vous avez alors la grande chance de partager la route avec Chris Froome sur les pentes de l’Alpe d’Huez.

Une nouvelle discipline à part entière

3 (Bike Race Info)

Certains coureurs comme Nicolas Roche pensent qu’une réelle discipline est née. En effet, l’absence de visibilité des sponsors a obligé certaines équipes à participer à des courses virtuelles. 90 % des revenus des équipes professionnelles proviennent des sponsors qui, sans visibilité avec les médias, vont à leur perte. Pour les spectateurs, c’est également un plaisir, eux qui en ont assez de regarder durant des après-midi entières des rediffusions du Tour de France 1986 et bien d’autres éditions. La première course qui servait de crash-test était le Tour des Flandres virtuel. Cette épreuve remportée pour la première fois par Greg Van Avermaet a réuni plus de 500 000 téléspectateurs sur une télévision belge soit environ 56 % des parts de marché. Ce fut donc une véritable innovation. Cependant, la victoire de Van Avermaet après une attaque dans le Paterberg devant son compatriote Naesen et Roche restera sûrement anecdotique. Seule une victoire sur les vraies routes du Ronde Van Vlaanderen restera gravée dans les annales. La deuxième épreuve à se tester était le Digital Swiss 5. Même engouement autour de ce tour de 5 étapes qui réunit de nombreux spectateurs.
Plusieurs bémols restent à souligner : l’application qu’utilise l’organisation ne prend pas en compte l’aspiration entre les coureurs. L’effort ressemble donc plus à un contre-la-montre individuel qu’à une réelle course. Certains coureurs ont également des problèmes de connexions et restent bloqués à la ligne de départ, le spectacle est alors impacté. Nicolas Roche quant à lui est satisfait : « C’est vraiment incroyable ce qu’ils ont réussi à faire, je me suis amusé ! Cela ne remplacera jamais une course normale mais, pour le moment, c’est le mieux qu’on puisse faire. » En effet, cela ne remplacera en rien les frissons que les Français ont eu à regarder les attaques tour à tour de Pinot et Alaphilippe durant le Tour 2019. Cependant, lorsque le cyclisme est à l’arrêt, cela fait largement l’affaire.

Le Tour s’y met aussi

4 (Le Cycle)

Avec le report du Tour de France et l’engouement qu’il y a eu autour des épreuves virtuelles, nul était le doute qu’il n’y ait pas de Tour virtuel tant pour les amateurs que pour les professionnels. Pour la première fois dans l’histoire de la Grande Boucle, celle-ci s’est élancée pour 6 étapes complètement virtuelles. Avec une étape à Nice ou encore l’ascension du Mont Ventoux, les cyclistes étaient réellement plongés dans l’expérience. Une superbe réalisation tant au niveau de l’application qu’au niveau télévisuel a offert au téléspectateurs et coureurs du spectacle. Plusieurs coureurs de chaque équipe se sont relayés sur 4 week-ends de course. Un gros points positif à souligner : une épreuve féminine était organisée alors qu’elles ne possèdent pas encore de Tour de France. Promesse qu’a fait ASO (organisateur du Tour) d’en réaliser un d’ici 2020. L’équipe NTT Pro Cycling rafle tout du côté des hommes avec le maillot jaune, vert, blanc et le maillot à pois, elle est également la meilleure équipe. Le plus combatif est attribué à Luke Durbridge (Mitchelton-Scott). Du côté des femmes, c’est la Team Tibco – Silicon Valley Bank qui remporte la plupart des maillots (jaune, vert, à pois et meilleure équipe). La Team Canyon-Sram Racing remporte le maillot blanc et Marrianne Vos est la plus combative.

Véritable naissance d’une discipline ou alors effet de mode découlant du confinement, seul le temps nous le dira.

Crédits photos : VeloTech, Cyclisme Revue, Bike Race Info et Le Cycle

Matthias Larmet – 9 août

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