La route vers Tokyo a été repoussée d’un an mais le sport tricolore se cherche avant tout de nouvelles coqueluches pour « ses » Jeux dans 4 ans. Si les épreuves traditionnelles de Paris 2024 devraient connaître un grand succès, de nouvelles disciplines sont également en train de se développer pour les Jeux paralympiques. C’est ce que nous souhaitons aujourd’hui vous montrer. Malgré le soutien indéfectible de la première dame de France Brigitte Macron et en dépit de leur progression, les moyens du handisport demeurent toujours insuffisants. Une situation préoccupante à 4 ans de l’échéance olympique. Plus que les moyens, le handisport demeure aussi méconnu du grand public. Nous avons souhaité remédier à cela avec pour premier épisode la présentation des sports de raquette à savoir le tennis-fauteuil, le parabadminton et le tennis de table handisport. Si vous avez par la suite la chance de suivre de grands champions dans leur quête olympique, nous vous proposons d’abord de mieux vous familiariser avec ces disciplines spectaculaires.

Le tennis fauteuil

2 (France Inter)

Le tennis fauteuil a été créé en 1976 par l’américain Brad Parks. À la suite d’un accident de ski, il essaye de jouer au tennis en fauteuil et créa donc cette discipline. C’est l’année 1977 qui verra la naissance des premiers tournois de tennis fauteuil, un circuit comportant une dizaine de tournois vit le jour aux USA trois ans plus tard. Un circuit international sera mis en place en 1992 et fut sponsorisé par NEC puis à partir de 2000 par Uniqlo. Le tennis fauteuil fut avec succès sport de démonstration aux Jeux Paralympiques de 1988 avant de devenir sport officiel en 1992.
La seule règle qui diffère du tennis valide est celle des rebonds. Au tennis fauteuil, 2 rebonds sont tolérés contre 1 seul pour le tennis debout. Le joueur perd également le point s’il n’est pas entièrement assis pendant que sa raquette tape la balle. Contrairement aux autres handisports, il n’y a qu’une seule catégorie pour le tennis fauteuil. Pour pouvoir pratiquer cette discipline en compétition, il faut avoir un handicap au minimum un membre inférieur. Seuls les joueurs atteints également aux membres supérieurs peuvent s’accrocher la raquette à la main ou utiliser un fauteuil électrique. Le fauteuil habituellement utilisé est plus perfectionné que celui utilisé habituellement dans le quotidien des personnes en situation de handicap. Il est équipé d’un carrossier très solide, de deux grandes roues latérales et de deux roulettes et peut être agrémentées d’une sangle pour les genoux, d’un cale-genoux et d’une ceinture abdominale.

L’actuel numéro 1 mondial est le japonais Shingo Kunieda âgé de 34 ans. Multi titré en grands chelem et détenteur de 5 médailles paralympiques, il tentera de conserver son titre chez lui au Japon l’an prochain. Chez les femmes, le Japon domine également avec Yui Kamiji qui est âgée de seulement 26 ans. La France compte également de grands champions avec Stéphane Houdet et Michaël Jeremiasz qui ont un énorme palmarès et qui sont tous les deux d’anciens numéros 1 mondiaux, sans oublier Nicolas Peifer qui a tout l’avenir devant lui.
Le tennis fauteuil est le seul handisport de raquette possédant une seule catégorie pour ses pratiquants. Le para badminton comme le handi tennis de table possèdent 6 catégories qui permettent d’éviter les inégalités lors des compétitions. Les voici :

WH1 : joueur en fauteuil roulant avec un équilibre assis +/- atteint ou une main atteinte

WH2 : joueur en fauteuil roulant avec très bon équilibre

SL3 : joueur debout présentant une déficience concernant le(s) membre(s) inférieur(s) des joueurs

SL4 : joueur debout dont la déficience concernant le(s) membre(s) inférieur(s) des joueurs est moins importante que la catégorie précédente

SU5 : joueur debout dont la déficience peut concerner le « bras raquette » ou le « bras non-raquette » mais les critères sont différents

SH6 : Joueur de petite taille (par exemple atteint d’Achondroplasie, 137 cm maximum pour les femmes, 145 chez les hommes)

Pour les 2 premières catégories, le coût d’un fauteuil (à minima 1 500 euros, jusqu’à 4 500 pour les plus sophistiqués) est souvent un frein à l’explosion de ces sportifs surtout dans un monde où les subventions (sponsors, villes…) demeurent de plus en plus précaires et rares.

Le parabadminton

3 (Ouest France)

Le parabadminton fait ses débuts dans les années 1990 lorsque des joueurs allemands en fauteuil roulant décident d’adapter les règles de badminton pour pouvoir retrouver les valeurs ludiques et dynamiques. Très vite, des pays frontaliers comme les Pays-Bas ou la Suisse participent à son émergence. En France cependant, le démarrage est plus long : il faut attendre 2004 pour que les règles adaptées soient importées par Mike Erabit, entraîneur de Fougères et David Toupé, ancien membre de l’équipe de France et récent paraplégique suite à un accident. Mais si les débuts ont été difficiles, la progression est fulgurante. Une commission handicap est créée l’année suivante (juin 2005) et un plan d’action est mis en place qui a pour but d’intégrer les sportifs handicapés dans les créneaux valides existants. Dans la foulée, un document d’information a été envoyé à tous les clubs fédéraux pour faciliter cette intégration. Depuis 2010, une formation accueille les futurs entraîneurs qui souhaitent s’initier à l’encadrement du public handicapé.
Contrairement aux préjugés, il est en fait assez aisé de disputer une partie de parabadminton. Voilà les raisons qui ont permis au parabadminton une éclosion rapide après un long démarrage en France. En décembre 2014, les premiers championnats de France de la discipline se déroulent à Colomiers dans le Sud-Ouest de la France. Au fil du temps, les championnats de France de parabadminton ont vu émerger de jeunes ou moins jeunes talents en fauteuil et en debout qui garnissent les rangs du collectif France parabadminton encore aujourd’hui à l’image de Lucas Mazur, champion du monde en 2017 et 2019 en simples dans la catégorie SL4. Il est également 2 fois champion d’Europe de double mixte avec sa partenaire Faustine Noël (médaillée d’argent aux championnats du monde simple en 2015). Avec la toute nouvelle arrivée de cette discipline aux Jeux Olympiques de Tokyo (décidé le 7 octobre 2014 à Berlin par le comité paralympique) dans un an, les espoirs de médailles côté tricolore seront importants.

Le tennis de table handisport

4 (Handisport Le Mag)

Personne ne sait quand est né le tennis de table handisport, ni qui l’as créé. Selon certains dires, il aurait été mis en place peu de temps après sa version valide. Le tennis de table handisport est sport paralympique depuis 1960, il devance de 28 ans le tennis de table qui n’est sport olympique que depuis 1988. C’est l’une des paras disciplines les plus pratiquées au monde. À l’instar du tennis fauteuil, la seule divergence du tennis de table handisport avec son homologue valide repose sur le service. En effet si la balle tombe sur les côtés, elle est remise en service, cette règle s’applique uniquement aux joueurs en fauteuil. Un match est remporté si un joueur remporte 3 manches ou s’il remporte 11 points.
Aux derniers Jeux Paralympiques grâce à Fabien Lamirault et Maxime Thomas, la France a pu obtenir 2 médailles. Maintenant que vous connaissez ces disciplines et les champions tricolores, vous n’avez plus qu’a les suivre et les encourager l’an prochain à Tokyo.

Crédits photos : Francetv sport, La Nouvelle République, France Paralympique, France Inter, Ouest France et Handisport Le Mag

Mathias de Vernejoul – 7 juillet

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