Le Grand Prix de Singapour du 28 septembre 2008 sera gravé pour toujours dans la mémoire des fans de Formule 1 et de sport automobile. Avec le scandale du « crashgate », l’écurie Renault et la FIA auront été le centre des attentions pendant de nombreux mois. Considéré comme le scandale le plus grave de la F1 pour certains, nous revenons sur cette affaire unique en son genre.

Singapour, déjà spécial avant d’être couru

2 (AUTOcult)

Le Grand Prix de Singapour était historique avant même le début de la course. Au-delà d’être le 800e grand prix de l’histoire de la Formule 1, il s’agit de la première course sur l’île et du premier GP de nuit en F1. La bataille s’effectuera sous la lune, la piste éclairée par des projecteurs dans un circuit urbain qui deviendra les années suivantes un rendez-vous incontournable de la Formule 1. Avant le début du show, les interrogations fusent, « y aura-t-il des zones d’ombre ? » ou encore « certaines parties du circuit ne risquent-elles pas d’être moins bien éclairées que d’autres ? »
Il s’agit alors de la quinzième course du calendrier, au classement général Lewis Hamilton est premier mais ne possède qu’un point d’avance sur Felipe Massa, second. Les pilotes et leurs écuries respectives, McLaren et Ferrari, sont donc au coude-à-coude et chaque grand prix, le résultat peut être crucial et changer la donne. L’écurie française Renault quant à elle, n’a plus gagné un GP depuis deux ans. Au début du week-end, Alonso et sa Renault R28 sont très à l’aise en essais libres et remportent deux des trois séances. Cependant en qualifications, un problème technique contraint l’espagnol à abandonner. Il s’élancera quinzième, place inhabituelle pour le double champion du monde. En première ligne, Felipe Massa et sa Ferrari ont décroché la pole position tandis que Lewis Hamilton part deuxième.

Une course folle

3 (WTF1)

Grâce à un très bon départ, Massa domine la course et creuse l’écart sur ses poursuivants dès les premiers tours. À la surprise générale, Alonso s’arrête pour faire le plein d’essence et changer ses pneus au treizième tour seulement, il est vingtième et dernier à la sortie des stands. L’espagnol réalise un arrêt anticipé pour aller le plus loin possible dans la course avant son deuxième arrêt. Peu après, l’autre pilote Renault qu’est Nelson Piquet Junior vient percuter le mur et est contraint à l’abandon. Le pilote s’est écrasé dans le deuxième secteur au virage 17, partie du circuit urbain où il est impossible d’enlever la monoplace rapidement. La voiture de sécurité est donc dépêchée sur la piste et comme bien souvent dans ce genre de circonstances, les monoplaces rentrent aux stands.
Felipe Massa, jusqu’ici leader, redémarre trop vite et ne donne pas le temps aux ingénieurs de retirer le tuyau de ravitaillement, créant ainsi la cohue dans la voie des stands. Après s’être arrêté au bout de la zone de ravitaillement, les ingénieurs parviennent à retirer le tuyau et le brésilien peut repartir, bien au-dessous de la première place qu’il occupait jusque-là. Fernando Alonso est donc en tête des suites de la multitude d’arrêts pour ravitaillement, lui qui s’était arrêté avant le crash de son coéquipier n’avait pas besoin de rentrer aux stands. C’est ainsi que, depuis la vingtième place, il devient premier et fait course en tête. Après une ultime entrée en piste de la safety car pour le crash de Sutil, Singapour voit Alonso gagner la course sans difficulté. Il s’agit alors de la 20e victoire en grand prix de l’espagnol, la 34e pour Renault en tant que constructeur et la 114e en tant que motoriste. Le podium est complété Nico Rosberg et Lewis Hamilton.

La vérité sur le « crash gate » un an plus tard

4 (Motorsport)

Dès la fin du podium, les soupçons s’éveillent. « Quelque chose ne va pas » déclare Mark Webber. « Vu le circuit et les pneus, ce n’était pas logique stratégiquement de faire un arrêt anticipé » assure David Coulthard, pilote pour Red Bull. De plus, aucune simulation sur les tableaux de bord de l’écurie Renault n’envisageait un tel scénario. Dans l’antichambre du podium, les caméras filment naturellement Flavio Briatore et son poulain et vainqueur inespéré, Fernando Alonso. Alors que les images sont retransmises à la télé, de nombreux journalistes relèvent une attitude étrange de la part de Briatore : messe basse à son pilote en mettant la main devant la bouche, coups d’oeils discrets vers la caméra, hyperactivité. Le directeur d’écurie ne tient pas en place ! C’est près d’un an plus tard, en septembre 2009, que la vérité éclate. Nelson Piquet Junior, étant non conservé par Renault afin d’être remplacé par Romain Grosjean, avoue que l’équipe a bel et bien triché en lui ordonnant de se crasher délibérément au virage 17 du circuit, offrant avec les circonstances connues la victoire à Fernando Alonso.
Nelson Piquet, le père de Junior, triple champion du monde et connu pour avoir le sang chaud, encourage son fils dans sa démarche et aurait fait pression auprès des institutions. Au siège de la FIA, l’écurie avoue que c’est Flavio Briatore le directeur d’écurie, et un ingénieur en la personne de Pat Symonds, qui ont élaboré et mis en œuvre la stratégie. À la fin du procès, le pilote est reconnu non-coupable et conserve sa victoire au grand prix de Singapour. Par la suite, Renault perd Flavio Briatore qui est exclu de la Formule 1, Pat Symonds lui est mis sur la touche pour 5 ans alors que la majorité de ses sponsors, son pilote Fernando Alonso, qui rejoint Ferrari et l’équipe est revendue. Si le scandale a fait parler de lui, les sanctions connaissent le même sort. Nombreux sont ceux qui se sont indignés devant la « légèreté » et la « mansuétude » des instances concernant le sort de Renault. Seul coût financier pour le motoriste : payer les frais d’enquête.

Bien des années après le « crashgate », l’affaire fait encore parler d’elle. Le 800e grand prix de Formule 1 restera pour beaucoup le scandale le plus grave de l’histoire de la discipline. Quelques temps plus tard, nouvelle épreuve pour l’équipe qui disparaît pour quelques années de la Formule 1, avant que la mythique écurie motoriste ne revienne.

Crédits photos : Grand Prix 247, AUTOcult, WTF1 et Motorsport

 

Solal Pestana – 14 mai

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