Tout comme leurs confrères cyclistes ou skippers, les pilotes automobiles pratiquent un sport en extérieur mais sont actuellement confinés chez eux et doivent par conséquent se maintenir en forme à la maison. C’est notamment le cas de Pierre-François Duriani, jeune pilote de Formule 4 membre de la prestigieuse FFSA Academy qui a vu passer un certain Pierre Gasly. Originaire de corse, découvrez-le de manière exhaustive ici !

Portrait

Nom : Duriani

Prénom : Pierre-François

Âge : 17 ans

Pays : France

Débuts en monoplace : 16 ans en Formule 4

Écurie : FFSA Academy

Titre(s) : 1 (champion de France de kart en endurance en 2018)

Meilleure performance : 5e sur le circuit de Spa-Francorchamps (2019)

Pour agrémenter cette petite présentation, l’interview de Pierre-François s’ensuit avec entre autres un bilan de sa saison 2019, ses débuts en monoplace ou encore la vie en académie

Si tu devais te décrire en 3 mots…

Pierre-François : Agressif dans le sport automobile, travailleur et fair-play.

Comment es-tu rentré dans le monde du sport automobile et qu’est-ce qui t’as convaincu d’y rester ?

Pierre-François : J’ai commencé le kart en 2016 sur le ton de la rigolade, je ne comptais pas en arriver là, puis je suis rentré dans une école à Pau. Là-bas, il s’est avéré que j’étais plutôt bon donc on m’a demandé de suivre des cours car on pensait que c’était bon pour moi, puis j’ai vite évolué. Par la suite, l’école a fermé en 2014 par manque d’argent et en 2015 je n’ai pas fait de kart. Je pensais que c’était terminé pour moi mais en 2016, j’en ai refait et je suis rentré dans le centre de formation Kartagene à Salbris.

La France est actuellement sous confinement. Est-ce difficile à supporter pour toi et quelles sont tes occupations ?

Pierre-François : J’en profite pour travailler pour le Bac, je révise même s’il n’y a plus d’épreuves et à ce niveau-là, c’était un peu la guerre (rires). Je fais aussi du sport même si je ne cours pas autant qu’au centre de formation et je fais beaucoup de simulateur aussi, ça me permet de ne pas trop perdre la main même si ça n’a rien à voir avec une vraie voiture. Au début du confinement, ça a été un peu compliqué mais on s’y fait vite, j’espère malgré tout que ça va s’arrêter. De toute manière c’est la même chose pour tout le monde mais pour le moment ça m’est supportable.

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Quelles difficultés majeures as-tu rencontré lors de tes débuts en monoplace et en endurance ?

Pierre-François : Mon manque d’expérience car contrairement aux autres pilotes, j’ai commencé tard à l’âge de 13 ans. Vu que je suis monté très vite dans les grosses catégories pour ne pas perdre de temps, je suis très rapidement tombé sur des pilotes qui avaient plus de 10 ans de kart et qui l’avaient commencé à 5 – 6 ans. Donc il me manquait du bagage mais j’ai réussi à m’en sortir, j’ai réussi à me battre. Pas forcément à les battre eux parce qu’ils avaient un très gros niveau mais j’ai quand même réussi à les titiller, il y avait des lacunes à ce niveau-là mais j’ai réussi à m’y faire. Ca a été beaucoup d’entraînement, beaucoup de questions mais on a réussi à trouver des solutions avec mon coach et mes proches.

Et au niveau de la voiture, du passage du kart à la monoplace, as-tu eu des difficultés à ce niveau-là ?

Pierre-François : Oui beaucoup. Ma première fois en monoplace a été très différente parce qu’en kart, c’est très rapide avec des petits virages et beaucoup plus lent, au niveau de l’aérodynamisme c’est différent aussi. La vision n’est pas la même car en kart, on est au-dessus de l’engin et on peut tourner la tête alors qu’en monoplace, on ne voit que l’avant de la voiture. Il y a des rétroviseurs, la voiture est beaucoup plus grande c’est-à-dire qu’à chaque dépassement qu’on effectue, il ne faut pas oublier qu’on peut se toucher plus facilement. Donc au début c’était compliqué mais ça va mieux, ce n’était pas mon plus gros problème. Heureusement, j’ai réussi à m’adapter rapidement à ce niveau-là.

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« J’ai réussi à m’adapter rapidement à ce niveau-là »

Tu as quitté ta famille en Corse pour aller t’installer à Salbris (Loir-et-Cher) afin de suivre la filière sports études de Kartagene. L’adaptation a-t-elle été difficile ?

Pierre-François : Oui, ne serait-ce du fait que la région et les conditions météorologiques soient différentes. Je suis passé de quelqu’un qui ne bosse jamais son physique, qui joue au foot comme un enfant « normal » à quelqu’un qui va à l’école, qui va s’entraîner le soir durant 3 heures et qui va courir 12 kilomètres en forêt la nuit. C’était un gros changement surtout pour un enfant de 14 ans, ça m’a bien réveillé. Aujourd’hui, je suis au pôle France de la FFSA Academy au Mans mais ça ne m’a pas trop changé vu que je passe d’un centre de formation à un autre. Même si le niveau n’est pas le même, Kartagene m’a énormément aidé parce qu’on apprend presque les mêmes choses mais en plus poussées.

2019 fût ta première saison en Championnat de France Formule 4. Quel bilan tires-tu de cette année-là ?

Pierre-François : Un bilan pas très positif. Il y a du positif mais pour quelqu’un qui regarde les résultats extérieurement, ce n’est pas du tout positif car il y a eu de bonnes performances mais malheureusement, ça ne s’est pas concrétisé par des résultats. Il y a eu pleins de facteurs : à Nogaro j’aurai pu faire top 5 mais j’ai eu un problème avec la voiture à cause d’un crash. À Pau, il y a eu un gros crash mais bon il s’agit là de faits de courses. À Spa par contre, j’ai réussi à tirer le meilleur de moi-même, c’était compliqué car je partais de très loin au chrono et ça allait refaire une course ratée. Contrairement au karting, il est difficile de double en Formule 4 car nous sommes tous très serrés au chronomètre donc pour réussir à remonter sur un peloton c’est difficile mentalement. Et puis il y a pleins de facteurs comme les pneus et le moteur. Heureusement que c’est le circuit de Spa avec beaucoup de lignes droites et d’aspirations, ce qui permet une belle bataille en course. Vu que je suis très agressif, j’ai réussi à tirer de bons résultats sur ce week-end là ce qui n’a pas toujours été le cas. Sur la saison, il y a eu du négatif mais il y a quand même eu du bon. À plusieurs reprises, il m’en manquait peu, ça passait pas loin. Il n’y a qu’à Ledenon où c’était un manque de performance de moi-même.

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Tu es membre de la FFSA Academy. Qu’est-ce que cela apporte d’être au sein de cette académie ?

Pierre-François : C’est un gros bonus car en étant pilote, on ne va pas souvent à l’école et quand on se déplace pour aller sur un circuit, c’est sur 2 à 3 jours. Ce qui est bien, c’est qu’on est scolarisé au CNED donc ce sont des cours à distance, on peut travailler chez nous comme à la FFSA Academy. À l’académie, c’est mieux car a des profs. Aussi au niveau physique, nous sommes encadrés : on fait plus de 6 heures de sport par semaine et on a cours 4 jours sur sept.

Sur ton site, tu as indiqué que ton meilleur souvenir était ton premier podium Junior au Mans. En quoi ce souvenir reste-t-il gravé dans ta mémoire ?

Pierre-François : C’est le fait que ça se soit joué sur 2 ans, en 2017 et en 2018. En 2017, j’ai fait le même championnat que l’année suivante mais c’était seulement ma deuxième année de kart donc assez difficile et je n’étais pas bien du tout. Sur cette course-là, j’avais terminé dix ou douzième ce qui était bien pour un débutant mais insuffisant. En 2018, je refais la même course et j’arrive à faire un podium, ça montre que pendant un an j’ai bien travaillé et que le travail a payé. Ça a été un an de galère et heureusement qu’il y a eu ce podium pour montrer que tout cela n’a pas servi à rien, c’était une sorte de revanche sur le passé. De plus, c’était quand même une course de haut niveau et nationale qui comptait pour le championnat de France. Il s’agissait là de mon premier podium national et un de mes premiers podiums tout court, donc c’était vraiment un bon souvenir.

Si tu pouvais être dans la peau d’un sportif de haut niveau pour un jour, quel sportif choisirais-tu ?

Pierre-François : Je dirais Conor McGregor en MMA car c’est vraiment un gros bosseur surtout avec son retour. En F1, le pilote qui m’inspire le plus c’est Pierre Gasly. Il sort de la FFSA Academy et c’est quelqu’un qui s’est battu toute sa vie pour arriver en Formule 1 et ça n’a pas du tout été facile pour lui. En fin d’année, il a eu un podium ce qui montre qu’il a bien travaillé pour.

Merci Pierre-François pour le temps consacré et ta générosité, force à toi dans cette période compliquée !

Crédits photos : KSP Photo Agency

 

Solal Pestana – 27 avril

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