Difficile en ces temps moroses de parler de Ligue 1 avec la suspension du championnat impacté comme l’ensemble des sports dans la quasi-totalité du globe par le coronavirus. En dépit de la suprématie toujours incontestée du Paris Saint Germain, le championnat de France aura connu jusqu’ici son lot de suspense pour les places européennes et la lutte pour le maintien. Des clubs que l’on ne pensait pas capables de se mêler à la bagarre européenne ont créé la surprise, premier volet des équipes surprises des cinq grands championnats avec la Ligue 1 et le Stade de Reims !

Reims, petit budget mais grande histoire

2 (Colgados por el Futbol)

Cinquième après 28 journées devant des clubs comme l’Olympique Lyonnais et avec le 11e budget en début de saison (45 millions d’euros selon l’Equipe), la performance est assez rare pour être soulignée mais c’est pourtant l’exploit réalisé par le Stade de Reims cette saison. Pour autant malgré un stade relativement vétuste qu’est Auguste Delaune (21 000 places), Reims s’est même octroyé le luxe d’être la meilleure défense du championnat devant le Paris Saint Germain (21 buts encaissés contre 24) et ce avec un match en plus s’il vous plaît ! De quoi commencer à rêver de leur illustre passé, les rémois ayant atteint à deux reprises la finale de la coupe des clubs champions européens (ancêtre de la Ligue des Champions) et battus à chaque fois par le grand Real Madrid. Mais à Reims, on n’oublie pas d’où l’on revient, le club ayant été en National il y a tout juste 10 ans. Mercato judicieux avec les moyens du bord tout en conservant une certaine stabilité, voilà la recette du succès rémois cette année.

La défense, le point fort

3 (Onze Mondial)

La saison 2018-2019 avait déjà annoncé les prémisses de cette année. Tout juste promu, le club avait envoyé un signal fort en terminant à une belle 8e place mais pour autant, la crainte de la deuxième saison de suite dans l’élite est apparue. Reims a perdu tous ses meilleurs éléments comme le gardien sénégalais Edouard Mendy (Stade Rennais) ou l’excellent défenseur belge Björn Engels cédant aux sirènes de la Premier League (Aston Villa). L’incertitude concernant Rémi Oudin qui a été la révélation de la saison (10 buts) et convoité tout l’été a également perturbé l’intersaison (il rejoindra finalement Bordeaux lors du mercato hivernal). Tout cela a laissé planer le doute sur les capacités du club à trouver des remplaçants capables de s’adapter rapidement au système de jeu en place. L’argent récolté pouvait néanmoins inciter à l’optimisme en espérant un recrutement de qualité.
La réussite de cette saison est due à la défense. Pour autant si l’on regarde dans les détails, peu de choses ont changé cette année par rapport à l’année dernière (42 buts encaissés). Le gardien Edouard Mendy a été remplacé par Predrag Rajkovic qui s’est avéré au moins aussi précieux que son prédécesseur. La perte de Björn Engels a quant à elle été remplacée par le jeune Axel Disasi, véritable roc cette saison. Son compère central Yunis Abdelhamid a confirmé son excellente saison et son physique imposant (1,90 m) a été une menace particulière sur coups de pieds arrêtés (3 buts). Comptant également sur ses latéraux mobiles et offensifs Ghislain Konan à gauche et Thomas Foket à droite, la défense rémoise a été la clé de la réussite contre de grandes équipes. Reims a été vu comme réussissant l’exploit d’aller s’imposer au Parc des Princes (0-2) cet hiver sans encaisser le moindre but.

Un mercato ciblé et des parcours atypiques

4 (Stade de Reims)

Ce succès peut également être expliqué par un mercato de qualité, ciblé depuis plusieurs années dans des championnats pourvoyeurs de bons joueurs mais aussi bon marché. Ainsi après avoir utilisé la Belgique lors de sa remontée dans l’élite (Thomas Foket, Björn Engels), le club a continué cette politique de recrutement exotique mais jamais trop, l’étranger n’étant pas toujours gage de réussite. Le recrutement effectué a été (à l’exception de Marshall Munetsi et de Predrag Rajkovic) à dominante européenne du Portugal (Ghislain Konan) aux Pays-Bas (Arbër Zeneli, Kaj Sierhuis cette année), en passant par la Suisse (Dereck Kutesa), l’Autriche (Dario Maresic) ou l’Allemagne (Anastasios Donis).
Reims est également l’une des rares équipes du championnat à compter des joueurs de tous azimuts, certains ayant connus le monde professionnel sur le tard. Plus motivés que jamais, ces derniers jouissent d’un esprit revanchard et peuvent exprimer leur qualité au sein d’un collectif bien huilé, lui conférant une certaine fraîcheur. Yunis Abdelhamid ou encore l’avant-centre Boulaye Dia (voir par ailleurs) en sont les parfaits exemples. L’un, régulièrement cité dans l’équipe-type de la journée, n’a connu le monde professionnel qu’à 26 ans après s’être prédestiné à devenir expert-comptable quand l’autre, actuel meilleur buteur du club, éclaboussait encore de son talent le National 2 l’année dernière. Une chose est sûre, la diversité de ces profils confère à Reims une force unique en son genre sur le terrain.

Un cocktail détonant entre jeunesse et expérience

5 (France Football)

Si Reims n’a pas, en plus d’une excellente défense, pu exprimer pleinement son potentiel offensif cette saison (26 buts en 28 matchs), de nombreuses circonstances l’expliquent. À commencer par la blessure de longue date de l’ailier gauche Arbër Zeneli, arrivé en janvier 2019 avec le statut de meilleur passer d’Eredivisie (Heerenveen, Pays-Bas) et prometteur lors de ses débuts. Il peut néanmoins y avoir des motifs de satisfaction avec Boulaye Dia, 23 ans, arrivé sur la pointe des pieds du milieu amateur en été (Jura Sud) et meilleur buteur avec 7 réalisations et déjà quelques coups d’éclat comme au Vélodrome ! Surtout de nouveaux éléments offensifs arrivés en cours de saison semblent annoncer un futur radieux, comment ne pas penser à El Bilal Touré, 18 ans et déjà 3 buts en Ligue 1 en 7 petits matchs ? Ou à Nathanaël Mbuku (17 ans), ailier gauche encore un peu tendre devant les cages mais dont les prouesses balle au pied sont certaines ?
Des joueurs à l’image d’un effectif jeune où les quelques trentenaires de l’effectif font figures de tauliers. On pense bien sûr à Yunis Abdelhamid (32 ans) ou à l’inusable milieu de terrain Alaixys Romao (36 ans) qui a notamment connu les chaudes soirées européennes sous le maillot de l’Olympiakos, sans oublier dans une moindre mesure à Xavier Chavalerin et Tristan Dingomé (29 ans chacun). Des joueurs d’expérience faisant presque figure de parents pour les plus jeunes qui seront là dans tous les moments, les bons comme les mauvais. Ils pourront apporter leur vécu, les consoler dans les moments difficiles mais également les ramener à la réalité si ces derniers, prometteurs mais insouciants, venaient à prendre la grosse tête. Voilà de bonnes raisons d’être optimistes pour le futur à condition de ne pas se faire déplumer cet été !

L’aspect familial du Stade de Reims a sans aucun doute permis la réussite de cette année. Un groupe uni avec des joueurs de tous horizons, pas de folies financières ni de tensions internes. Un groupe stable pour lequel être européen l’année prochaine serait une juste récompense des efforts consentis !

Crédits photos : Francetv sport, Colgados por el Futbol, Onze Mondial, Stade de Reims et France Football

 

Mathias de Vernejoul – 22 mars

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