Alors que la saison 2020 de Formule 1 arrive à grands pas et que les écuries terminent de présenter leurs monoplaces et effectuent des tests sur piste, de nombreuses questions concernant les enjeux et les résultats restent sans réponses. Zoom sur une saison de F1 qui promet d’être haute en couleurs.

Une écurie Mercedes contestée ?

2 (La Croix)

L’écurie allemande dirigée d’une main de fer par Toto Wolff semble être intouchable et l’a montré de nouveau cette saison. Depuis 2014, elle place ses deux pilotes sur les deux premières marches du classement (hormis en 2017 et 2018) et remporte naturellement le titre de meilleur constructeur. Avec une association Hamilton-Rosberg puis Hamilton-Bottas, les flèches d’argent ont réussi à maintenir l’écurie au sommet de la Formule 1 grâce à leurs duos de pilotes. Et de nombreux indices nous laissent à penser que la suprématie de Mercedes ne va passer s’arrêter cette saison.
Qui est capable de rivaliser directement et de causer des ennuis à l’écurie allemande ? Personne ne semble avoir le niveau pour cela. Si la Scuderia Ferrari et Red Bull sont les noms qui sortent souvent lorsqu’on évoque les écuries ayant le potentiel pour cela, la réalité est tout autre.
À commencer par la Scuderia Ferrari. Elle a eu du mal à trouver son rythme et à enchaîner les bonnes et les mauvaises prestations. La deuxième partie de saison étant beaucoup plus réussie que la première, l’écurie italienne doit gérer les stratégies pas toujours fructueuses mais aussi ses deux pilotes. D’un côté, l’expérimenté et quadruple champion du monde Sebastian Vettel qui a connu une saison difficile, il s’est classé cinquième au classement général derrière Charles Leclerc. De l’autre côté, le jeune et talentueux Charles Leclerc qui, après seulement une saison chez Sauber Alfa Romeo en Formule 1, a été transféré chez la mythique écurie italienne. Il termine la saison 2019 en quatrième position avec 264 points. Ainsi, la relation entre les deux pilotes n’a pas été un long fleuve tranquille, loin de là. Entre stratégies favorisant l’un et contraignant l’autre, les contestations ont été vives et quelques tensions sont apparues dans les rangs dans la Scuderia comme au GP du Brésil où une collision entre les deux monoplaces rouges les contraindra à abandonner toutes les deux.
Chez Red Bull, Max Verstappen est l’auteur d’une bonne saison mais cependant, l’écurie a pêché à trouver un bon duo de pilote. Le français Pierre Gasly s’est vu être rétrogradé après la trêve estivale chez Toro Rosso son ancienne équipe, laissant son siège libre à Alex Albon. Les deux écuries voulant rivaliser avec Mercedes ont donc leurs propres problèmes et doivent souvent s’affronter entre elles pour espérer avoir une chance de rivaliser avec les flèches d’argent. À l’image du grand prix d’Autriche où Verstappen et Leclerc se sont battus pour la victoire. Est-ce que Mercedes va être contesté ou détrôné cette année ? Lewis Hamilton va-t-il garder son titre ? Toute suprématie a une fin, la saison 2020 nous dira si celle de l’écurie d’Hamilton et de Bottas prendra fin cette année !

Un nouveau départ pour Vettel ?

3 (Le Mag Sport Auto)

Ce fût une saison compliquée pour l’allemand et quadruple champion du monde Sebastian Vettel qui espère bien reprendre du poil de la bête en 2020. Ayant fini deuxième avec 320 points en 2018, il a fait beaucoup moins en 2019 en terminant cinquième avec 240 points. En quête d’un 5e titre mondial, sa saison s’est avérée compliquée. Vettel a accumulé bon nombre de fautes et d’erreurs de conduite, à l’image de son crash dans Verstappen à Silverstone ou encore ses retours sur circuit après sortie de piste trop francs au Canada et en Italie. Il faut dire que le pilote n’a pas été favorisé ni par les stratégies de son équipe ni par les relations avec son coéquipier Charles Leclerc.
Seb Vettel a quand même démontré qu’il était un pilote expérimenté et toujours présent dans certains grands prix. En effet au GP d’Allemagne chez lui, il n’a pas manqué de ressources. En partant du fond de la grille à la vingtième place, il a amorcé une fulgurante remontée et a décroché une merveilleuse et méritée seconde place. Le pilote a su se surpasser sur une piste détrempée où les plus grands pilotes sont allés à la faute et ont dû pour la plupart abandonner après s’être encastrés dans les barrières. N’ayant gagné que le grand prix de Singapour cette année, Sebastian Vettel espère de meilleurs résultats en 2020, et il en est capable. À l’orée de la saison 2020, peu de personnes se font du souci quant aux capacités et au potentiel de l’allemand.

La confirmation pour Leclerc et Sainz ?

4 (El Confidencial)

En terminant quatrième au classement général, Charles Leclerc est l’auteur d’une bonne saison et ses statistiques sont impressionnantes pour un pilote qui connaît seulement sa deuxième saison en Formule 1. Sur 21 grands prix disputés, il a réalisé 7 pôles positions, a gagné 2 grands prix, est monté 10 fois sur le podium, a réalisé 4 meilleurs tours et a été 18 fois dans les points c’est-à-dire à toutes les courses sauf celles où il a abandonné soit trois. Non seulement le pilote a fait preuve de beaucoup de sérieux et de maîtrise mais il a aussi fait montre de sa force mentale. Son premier grand prix remporté en Belgique sur le circuit de Spa-Francorchamps, un jour après le crash mortel de son ami Anthoine Hubert en Formule 2, a été une épreuve douloureuse pour tous les pilotes et encore plus pour le monégasque ou pour Pierre Gasly, fidèles et grands amis du défunt. Une semaine plus tard, bis-repetita à Monza en Italie et qui plus est chez Ferrari, devant des fans comblés de joie en voyant leur écurie s’imposer de nouveau chez eux.
Ce fût également une très belle saison pour l’espagnol Carlos Sainz. En provenance de chez Renault, il avait perdu son volant au sein l’écurie française des suites du transfert de Daniel Ricciardo. Avec le départ en retraite de Fernando Alonso, une monoplace s’était donc libérée chez McLaren. Si cette saison a été bénéfique pour Sainz (NDLR : il s’est classé sixième au classement général avec 96 points et a connu son premier podium au Brésil), elle l’a aussi été pour l’écurie anglaise. En se classant sixième au classement général des meilleurs constructeurs en 2018, l’équipe semblait être en perdition cette année-là avec de nombreux problèmes techniques et des résultats décevants. Cette année, elle s’est classée juste derrière Mercedes, Ferrari et Red Bull. Cette belle quatrième place est le fruit non seulement d’un travail accompli mais aussi d’une cohésion parfaite entre ses deux pilotes Sainz et Norris.

Cependant, Leclerc et Sainz sont-ils capables de récidiver pour la saison 2020 ? Leclerc a du talent et a déjà conquis les cœurs des fans de F1, il est capable de faire à nouveau une belle saison si Ferrari s’améliore en termes de stratégies. Si les coéquipiers sont également des rivaux, les tensions visibles entre Vettel et lui nuisent aux performances de la Scuderia mais aussi à leurs propres résultats, il est donc impératif pour les deux pilotes de se laisser de l’air. Alors que Ferrari a l’ambition de redevenir l’écurie numéro une de Formule 1, elle va devoir régler ses mésaventures et tirer leçon de ce qui n’a pas marché pour offrir à Leclerc et Vettel tous les outils indispensables à la victoire. De plus pour faire une bonne saison, le monégasque aura besoin de sentir le soutien de la Scuderia ce qui n’a pas toujours été le cas lors des premiers et derniers grands prix de 2019.
Le prodige espagnol Carlos Sainz peut lui aussi de nouveau impressionner le monde de la F1. Avec un réel statut de numéro 1 chez McLaren, le pilote va devoir travailler et s’améliorer en qualifications. Il n’a pas été rare cette saison qu’il se retrouve en-dehors du top 8 en qualifications et parfois même en fond de grille, mais la mythique écurie anglaise a toujours pu compter sur la fameuse « grinta » espagnole. Cette envie de se battre et d’aller jusqu’au bout a été déterminante dans la saison du pilote, à de nombreuses reprises s’il n’avait pas une place favorable sur la grille, il a souvent amorcé de belles remontées pour finir dans les points et souvent dans le top 6. À l’image du circuit de Silverstone, Sainz débute la course en treizième position avant de finir sixième et d’empocher de précieux points.

Une bonne saison 2020 pour Gasly et Grosjean ?

5 (Motors Addict)

Pierre Gasly et Romain Grosjean qui sont les deux seuls français à avoir couru en Formule 1 durant l’année 2019 vont être rejoints en 2020 par leur compatriote Esteban Ocon, mais quelle saison leur est réservée ? Pierre Gasly a connu une saison pleine de hauts et de bas, la définition même d’une carrière en Formule 1 comme l’a souligné Günther Steiner dans la série Netflix consacrée à la F1 : « En Formule 1, les hauts sont très hauts, les bas sont très bas ». Le français a connu un début de saison réjouissant avec son transfert chez Red Bull puis une déception en étant rétrogradé chez Toro Rosso pour finir en apothéose avec sa deuxième place synonyme de premier podium au Brésil. Son début de saison chez Red Bull ayant été difficile : peu de points marqués, crashs, problèmes mécaniques, il a été rétrogradé chez Toro Rosso dès la mi-saison et retrouve ses vieilles habitudes de la saison 2019. Petit à petit, le pilote se reconstruit et les résultats s’améliorent par la suite. Le 17 novembre dernier au Brésil, sur le circuit Autodromo José Carlos Parce, Pierre Gasly commence septième sur la grille pour passer la ligne d’arrivée et le drapeau à damiers deuxième après avoir contenu Hamilton dans le dernier virage. Une course à jamais gravée dans sa mémoire alors qu’il en avait le besoin le plus grand, comme une revanche sur son début de saison et un signe concernant son potentiel et son talent.
Mais en 2020 tout n’est que partie remise. Gorgé de l’envie de bien faire et de prouver de quoi il est capable à Red Bull et au monde de la Formule 1, c’est dès le premier grand prix à Melbourne qu’il va entamer sa nouvelle saison au volant d’une monoplace Toro Rosso, écurie qui a changé de nom et qui pour 2020 répondra au nom d’Alpha Tauri. Quelle saison pour Gasly ? Une saison de tous les défis pour prouver qu’il est à la hauteur, pour prendre une autre dimension et balayer l’image du pilote du milieu de grille. Après avoir terminé septième au classement général des pilotes en 2019, personne ne semble s’inquiéter de son cas. Cinquième puis neuvième à Barcelone pour les tests hivernaux de pré-saison, « Pierrot » semble avoir emprunté la route ou plutôt le circuit d’une bonne saison.

Changement de pilote, changement d’ambiance. Romain Grosjean et son écurie semblent plus que jamais au fond du trou. Dix-huitième sur 20 pilotes au classement général et 8 petits points acquis, tel est le bilan du pilote. Malheureusement ses résultats ne sont pas nouveaux. S’il avait commencé sa carrière remarquablement bien en terminant huitième en 2012 (96 points) puis septième en 2013 (132 points), ces temps-là paraissent bel et bien révolus puisque depuis 2014, ses résultats sont décroissants. Cette horrible spirale a même détruit le pilote qui était en dépression lors de saison 2019. Conscient de la situation, il vient même d’évoquer une possible retraite fin 2020. Pourtant, chacun sait que Grosjean ne manque pas de talent comme il l’a démontré lors de ses deux premières saisons, et puis ses dix podiums acquis parlent pour lui. Cependant, il a eu du mal à évaluer les limites de sa monoplace et a été l’auteur de fautes bêtes et inutiles.
Il pourrait donc s’agir de l’année de la dernière chance pour le pilote qui a tout à prouver et faire mentir ceux qui le considéraient comme « immérité d’avoir encore un volant en F1 ». Encore et toujours chez Haas écurie elle aussi au point mort, la saison va être décisive et suivie de très près. Avec un coéquipier charismatique, la tâche semble immense et il va falloir faire bon usage de son talent afin de parvenir à cette crainte de l’échec et de mal faire qui l’habitent depuis bon nombre de saisons et qu’il a confié dans le documentaire Netflix. En Formule 1, rien n’est impossible au contraire, tout est possible et tout va très vite encore plus lorsque l’on a du talent et de l’expérience.

Quel retour pour Ocon ?

6 (Le Figaro)

Esteban Ocon, nom qui revient fréquemment dans la presse sportive ces derniers mois, le jeune pilote va faire son grand retour, son come-back tant attendu. Et quoi de mieux pour un français que de faire son retour dans une écurie française ? Ce sera bel et bien chez Renault qu’Ocon exécutera sa quatrième saison. Depuis 2016 dans la compétition mère du sport automobile de vitesse, il n’était que pilote réserviste chez Mercedes en 2019. Lui qui avait perdu son volant chez Force India après le rachat de l’écurie indienne par l’homme d’affaire Lawrence Stroll, qui avait placé son fils Lance dans une monoplace. L’équipe avait préféré garder une stabilité financière plutôt qu’un talent prometteur, Sergio Perez avait donc été préféré à Ocon, le mexicain avec qui les relations ont toujours été compliquées.
Le français a déjà prouvé de quoi il était capable à plusieurs reprises, tout le monde se souvient de sa séance de qualifications à Spa-Francorchamps en Belgique où il avait décroché une merveilleuse troisième place et se retrouvait derrière les plus grands que sont Hamilton et Vettel. En terminant la course en 6e position, ce fût un week-end bénéfique pour tout le monde. En 2020, la soif de revanche souvent évoquée est au beau fixe. Troisième de la dernière journée d’essais hivernaux à Barcelone, le pilote s’estime heureux chez Renault : « C’est la meilleure voiture que je n’ai jamais pilotée » estimait-il. Et puis pour 2020, il pourra compter sur les conseils d’un grand, d’un très grand même : Alain Prost. Le « professeur » travaille dans l’équipe française en tant que conseiller stratégique, son retour en Formule 1 va donc être scruté par plus d’un qui attend de belles performances de sa part. Seulement, toutes les espérances placées sur lui ne risquent-elles pas de lui rendre la tâche difficile ? Vaste débat. Ce qui est sûr du moins, c’est qu’Esteban sera un pilote attendu pour une saison attendue de même.

Quel profil aura cette saison de Formule 1 ? Personne ne peut le dire ni le prédire. La Formule 1 est un sport où tout va très vite à l’instar des monoplaces qui y courent. Une seule certitude demeure néanmoins : celle de nous donner du spectacle et nous donner envie de suivre cette saison !

Crédits photos : F1 News, La Croix, Le Mag Auto Sport, El Confidencial, Motors Addict et Le Figaro

 

Solal Pestana – 26 février

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